‹ Un pèlerinage au pays d'Evangéline [microforme]Chapitre 15 sur 58 · SEE · texte numérisé non relu

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pour obéir aux sollicitations qui leur étaient faites de venir s'établir au Canada, que les Acadiens adressèrent au gouverneur Cornwallis une requête pour demander l'autorisation de quitter la province.

C'était pour eux le seul parti raisonnable à suivre, puisque d'une part ils ne voulaient pas prendre plus d'engagements envers le gouvernement anglais que n'en avaient pris leurs pères, et que de l'autre on exigeait d'eux une formule de serment bien plus sévère.

Le gouverneur répondit qu'ils n'avaient qu'à se conformer aux règlements établis dans la province pour les personnesdésirant en sortir, c'est-à-dire qu’à se munir de passeports ; et « que rien ne l’'empécherait d'accorder de tels passeports à tous ceux qui lui en demanderaient ». Ce consentement, aveu éclatant de la justice de leur demande, n'était au fond qu'un leurre destiné à dissimuler un refus réel que le gouverneur n'osait affirmer tout haut, de crainte de voir les Acadiens lui échapper.

Il ajoutait dans sa réponse que, pour le moment, ji! ne pouvait pas accorder de passeports, qu'il fallait attendre que la paix füt rétablie dans la province. « Mais, continuait-il, vous pouvez vous en reposer sur ma parole (you can rely upon my word), aussitôt que la tranquillité sera rétablie, nous donnerons des passeports à tous ceux qui en demanderont. »

Dans le reste de sa réponse, il employait tour à tour la persuasion et les menaces pour les retenir. « Mes amis, leur disait-il entre autre choses, du moment que vous avez déclaré votre désir de partir et de vous soumettre à un autre gouvernement, notre détermination a été de n’empêcher personne de suivre ce qu'il s'imagine être son intérêt... Mais nous vous avouons franchement que votre détermination de partir nous fait de la peine. Nous connaissons bien votre industrie et votre tempérance, et nous savons que vous n'êtes adonnés à aucun

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de vice, ni à aucune débauche... Vous possédez les seules : ent terres cultivées de la province ; elles produisent assez de der grain et nourrissent assez de bétail pour suffire à toute 4 la colonie. Cette province est votre pays; vous et vos l re, pères l'avez cultivée ; naturellement vous devriez jouir À lus des fruits de votre travail !, » { que Le gouverneur concluait en leur rappelant l'obligation | |A on de prêter serment, mais sans oser l'exiger de fait, de il re. crainte de les voir partir ; puis il leur défendait de faire h | on- des assemblées sans une permission spéciale. Enfin il 1! les leur déclarait que ceux qui s'éloigneraient ne pourraient |! * de emporter aucun de leurs effets avec eux, et que tous leurs | de biens seraient confisqués. | D, in d'autres termes, c'était les déclarer prisonniers. j| eur C'était aussi violer de nouveau ouvertement les clauses | | Si du traité d'Utrecht et la lettre de la reine Anne. |! ner La réponse du gouverneur Cornwallis contenait ce- | r. pendant deux aveux qu'il est très important de noter, l )! parce qu'ils sont une confirmation du traité. D'abord il 1! at - reconnaissait pleinement le droit qu'avaient les Acadiens l 1, de quitter la province ; ensuite il engageait sa parole de f' na les laisser partir dès le premier moment favorable. Î la Les Acadiens ne se faisaient guère illdsion sur cette 4 r'ts dernière condition. Ils voyaient clairement que 1e gouver- | neur ne cherchait qu’à gagner du temps. Aussi poursuivi- | ur rent-ils leurs démarches. Frustrés de ce côté, ils s'adres- | es sèrent à la cour de France, où ils firent parvenir leurs | requêtes. Le roi et ses ministres finirent par s'en émouu- voir, et l'ambassadeur de France à Londres fut chargé a au mois de mai 1755 de proposer au roi d’Angletere d'ac- 1e corder trois ans aux habitants français de la péninsule, t pour s’en éloigner avec leurs effets, et de leur donner

tous les moyens nécessaires pour faciliter ce transport.

n 1 Archives de la Nouvellé-Écosse, p. 189 et suivantes. TE)

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