CHAPITRE SEPTIÈME
Les Acadiens dans la Caroline du Sud, — À la rivière Saint- Jean. — Dans la Pensylvanie. — Préjugés contre eux. — Sympathies des huguenots français.
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Voici en quels termes un mémoire, rédigé en 1762, raconte les péripéties qu'eut à traverser un détachement acadien parti de la Caroline du Sud :
« Les habitants leur donnèrent deux vieux vaisseaux, une petite’ quantité de mauvaises provisions et la permission d'aller où ils voudraient. Embarqués dans ces vaisseaux qui faisaient eau de toutes parts, ils échouërent bientôt sur les côtes de la Virginie, près de Hampton, colonie irlandaise. On les prit d’abord pour des ennemis qui venaient piller, ensuite pour des pirates. enfin pour des hôtes dangereux dont il fallait se défaire. On les forca d'acheter un vaisseau, et tout l'argent qu'ils 8 purent rassembler entre eux se montait à quatre cents 1 pièces de huit; ce fut le prix qu'on leur demanda. Ce navire valait encore moins que ceux qu'ils venaient de quitter, et ils eurent toutes les difficultés du monde à se faire échouer, une seconde fois, à la côte du Maryland.
Il serait injuste d'oublier de dire ici qu'un des magistrats
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AU PAYS D'ÉVANGÉLINE 163 de la Virginie, ayant appris la perfidie qu’on avait exercée contre ces malheureux, fit punir les habitants du village de Hampton, et qu'il envoya une chaloupe audevant des Acadiens pour les faire revenir et les instruire de l’état de leur vaisseau. Les débris de leur naufrage furent alors la seule ressource qu'ils eussent à espérer, et ils passèrent deux mois sur une ile déserte à raccommoder ce vaisseau. Ils réussirent à la fin, et, après avoir remis en mer pour la troisième fois, ils eurent le bonheur d'aborder dans la baie de Fundy, où ils débarquèrent près de la rivière Saint-Jean, réduits à neuf cents, de plus de deux mille qu'ils étaient à leur départ d'Acadie !. »
Ils eurent la joie de retrouver en cet endroit ceux de leurs compagnons qui, enlevés comme eux de Port- Royal, s'étaient emparés du navire où ils avaient été embarqués, et l'avaient conduit en süreté dans la rivière Saint Jean. [ls y apprirent aussi que leur curé, l'abbé Daudin, fait prisonnier avant leur déportation, avait été transporté en Angleterre, d’où il était passé en France. L'abbé Daudin pouvait leur être d'une grande utilité à la cour de Versailles. Ils lui écrivirent une lettre collective dans laquelle ils lui firent le récit des derniers événements, lui expo-èrent la triste situation où ils se trouvaient, et le prièrent de s'intéresser à leur sort.
Cette lettre parvint en France, mais l'abbé Daudin ne devait pas la lire. Usé par les fatigues d'un ministère hérissé de mille difficultés, il ne put survivre à la douleur que lui causa l’anéantissement de sa mission, et mourut peu après son arrivée. La lettre fut ouverte par l'abbé de l'Isle-Dieu, vicaire général de l’évêque de Québec, passé en France, et fut remise au garde des
1 Archives des Affaires étrangères, Paris, Aémotre de M. de la Rochette.
1641 UN PÊÉLERINAGE
sceaux, qui en fit usage pour intervenir à la cour de Londres, malheureusement sans succès.
Voici quelques extraits de cette lettre vraiment touchante et qui témoigne de la grande confiance et de la vénération que l'abbé Daudin avait su inspirer à ses paroissiens :
« Nous bénissons la divine Providence qui, au milieu de nos afflictions, a daigné nous favoriser d'une joie indicible en nous faisant savoir de vos chères nouvelles, que nous avons reçues par l'entremise du R. P. de la Brosse, de la compagnie de Jésus, qui a demeuré quelque temps avec nous à la rivière Saint-Jean, et qui nous a été d'un grand secours dans nos infirmités spirituelles et temporelles ; nous avons appris avec douleur les mauvais traitements que vous ont faits les Anglais. Etant aussi bon pasteur que vous l'avez été à notre égard, Dieu vous a fait part des châtiments qui n'étaient dus qu'au seul troupeau, afin de satisfaire plus abondamment à sa justice.
» Pour vous faire savoir en abrégé nos tristes aventures, vous saurez, Monsieur, qu'après avoir recu dans l’église votre dernière bénédiction général, nous par. times trente députés du Port-Royal pour Chibouctou (Halifax), et après plusieurs interrogations du gouverneur du lieu et autres puissances, sur le parti que nous voulions prendre pour l'Etat et la religion, et voyant que nous étions tous résolus de plutôt mourir que de renoncer à notre religion et à la France, notre véritable patrie, on nous a relégués neuf semaines sur une ile!, en ne nous donnant par jour que deux onces de pain et une once de viande, espérant par là nous réduire et nous faire changer de sentiment ; muis inutilement, grâce à Dieu. Désespérant de pouvoir nous faire changer, ils
1 L'île Saint-George, à l'entrée du port d'Halifax,
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nous ont fait conduire par des soldats jusqu'au Port - Royal, comme des criminels, ont mis le feu à nos maisons et ont fait embarquer les habitants qui ne s'étaient pas sauvés dans le bois (il s'en était sauvé neuf cents). Le reste des habitants a été embarqué dans six navires le 4 décembre ; cinq de ces navires ont fait voile vers les côtes de Boston et de la Caroline ; les gens du Cap. les Boudrault, Charles du Gas et les Guilbault, deux familles Desgranges qui étaient dans un de ces navires, se sont révoltés et sans aucune défense des Anglais, se sont rendus maitres du navire et sont arrivés heureusement à la rivicre Saint-Jean, d’où nous avons l'honneur de vous écrire présentement ; nous y avons trouvé un accueil favorable dans la personne de M. de Boishébert, commandant de cette seule place qui appartienne aux Francais dans l’Acadie. Nous avons été attaqués par un corsaire anglais qui nous poursuivait dans notre fuite ; nous l'avons contraint de se retirer après un petit choc, sans aucune perte de notre côté.
» .… Voilà, Monsieur, le récit du bon traitement que nous à fait l'Anglais, et tel a été le sort du reste des Acadiens.
» … Nous osons espérer, Monsieur, que, sensible à nos malheurs, vous voudrez bien nous faire connaitre de vos nouvelles et faire connaître au roi de France notre fidélité. Car, en vérité, Monsieur, je ne doute pus que vous n’en ayez vu quelques preuves. La pauvreté, l'exil et tous les malheurs du monde [au péché près) ne sont pas capables de nous faire changer de sentiments ; nous sommes nés Français et nous voulons mourir Francais.
» .… Nous attendons avec patience l'issue de notre sort, et nous bénissons la main de Dieu qui nous trappe, pleinement convaincus qu’un homme fidèle à sa religion, et par conséquent à sa patrie ne saurait jamais mal finir.
166 UN PÉLERINAUE
» Nous sommes tous persuadés, Monsieur, que vous conserverez toujours dans votre cœur cette tendresse paternelle qui vous a fait si souvent compatir à nos misères, et que nous avons toujours part dans vos saints sacrifices, c’est la £râce que nous vous demandons et tous les nôtres, s'ils étaient en pouvoir de se faire entendre.
» Nous avons l'honneur d'être, avec tout le respect et la confiance possibles, vos chers enfants en J. C. et vos très humbles serviteurs, les habitants de Port- Royal.
» DENIS STr-SCEINE,
» CHARLES Du Ga,
» JOSEPH GUILBAUD,
» PIERRE GOURDEAU,
» Dents Sr-ScEIxE, fils.
» Au nom de tous les autres habitants à la rivière Saint-Jean, ce 31 juillet 17561. »
La rivière Saint-Jean, peu habitée jusque-là, ne pouvait suftire longtemps à la subsistance de la multitude que le désastre de l’Acadie avait jetée sur ses bords. Une partie remonta jusqu'au Saint-Laurent à travers les lacs et les rivières; une autre arma un navire et vécut en corsaires des captures faites sur l'ennemi. Elle se rendit bientôt redoutable à tous les vaisseaux anglais qui naviguaient dans ces parages ?.
La troisième, restée à la rivière Saint-Jean, fut surprise dans la nuit du 27 au 28 janvier 1799, par un détachement d'Anglo-Américains qui brülèrent les maisons, tuèrent deux femmes et quatre enfants, dont ils enlevèrent les chevelures, et emmienèrent vingt-trois
1 Archives de la Marine, Paris, ? Archives des Affaires étrangères, Paris, Mémoire de M. de la Rochette,
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prisomniers !. Ceux qui purent s'échapper se replièrent du côté du Canada.
Le 19 novembre 175%, un vent d'orage poussa dans les eaux de la Delaware trois navires?, chargés de quatre cent cinquante Acadiens, parmi lesquels la maladie, causée par les chagrins, les fatigues de la mer et les mauvais traitements, avait commencé à faire des ravages. Plus d’un de ces passagers portait déjà sur ses traits l'empreinte de la mort.
La première impression créée dans la Pensylvanie par ia présence des Acadiens, fut un sentiment d'appréhension parmi la masse de la population, imbue de préjugés religieux. Elle crut au danger d’une conspiration parmi les catholiques irlandais et allemands, enhardis, pensait-elle, par ce surcroit de leurs coreligionnaires.
On ne croirait pas que ces vulgaires préjugés aient pu s'accréditer dans les hautes sphères de la société, si on n’en avait des preuves irrécusables. Le gouverneur de la Pensyivanie [ui-même s’en est fait l'écho dans une correspondance officielle adressée au gouverneur Shirley.
« Je suis fort en peine de savoir, écrivait-il, ce que je doi: ‘aire de ces Francais neutres... qui sont capables d'ourdir quelque conspiration, de concert avec les catholiques irlandais et allemands de cette province et des provinces voisines. Ên conséquence, je crois devoir vous demander des instructions particulières pour connaitre de quelle manière je dois disposer de ces gens... En attendant, j'ai fait placer à bord de chacun des navires une garde que j'ai choisie parmi les recrues qui se trou-
1 Dépêche du marquis de Vaudreuil, 8 mai 1759. ? Le Hannah, le Three Friends et le Swan. Un quatrième navire destiné à la Pensylvanie avait péri, paraît-il, en mer. Archives des Affaires Ctrangères, Paris ; Mémoire de M. de la Rochette,
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vent maintenant dans cette ville, et j'ai fait fournir à ces k neulres des provisions qui devront être payées par le
gouvernement de Sa Majesté, car il n’y a aucun fonds ; pour cela dans le trésor de la province. » :
Ces ridicules alarmes qui donnent la mesure de l'igno-
| rance de ces populations n'étaient pas moins répandues {ll dans les autres colonies. Voici co que répondait le premier mugistrat de New-Jersey, Jonathan Belcher?, au gouverneur Morris, à qui ce dernier avait écrit en même h | 11 temps qu'au gouverneur du Massachusetts : a LAURE « Je suis vraiment surpris qu'il ait pu entrer dans ail l'idée de ceux qui ont ordonné l’expulsion de ces Fran-
il çais neutres, ou plutôt de ces traitres et rebelles à la Bi N {ll couronne d'Angleterre, d'en diriger aucun sur ces di ji provinces, où déjà nous avons un trop grand nom- q | bre d'étrangers pour notre avantage et notre sécurité. ji Je pense qu'ils auraient dû être transportés directement dans la vieille France, et je suis entièrement n' il de l'opinion de Votre Honneur, que ces peuples pourll raient, d’un moment à l'autre, se joindre aux pail pistes irlandais... pour la ruine et la destruction des
jl colonies du roi. Si l'on essaie de faire un débarquement ici (Elizabethtown), je pense que je dois au roi et au peuple confié à mes soins de faire tout mon possible pour l’empécher. »
Aussi bien on ne voit nulle part que l'Etat de New- Jersey ait laissé aborder aucune des cargaisons humaines expédiées par Lawrence. Ua
| L'excès du fanatisme n’était cependant pas la seule | (| cause de ces craintes imaginaires ; l'esprit public était 1 encore sous l'impression du désastre de la Monongahéla,
! Dépêche du gouverneur Morris au gouverneur du Massachusets. ? Il était le père de Jonathan Belcher, juge en chef et membre du | conseil de la Nouvelle-Ecosse, l’un des plus fanatiques ennemis des Acadiens,
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que continuaient d'entretenir, depuis lors, les incursions des sauvages dirigées par les officiers francais et cana-" diens. Les uns et les autres étaient enveloppés dans les mêmes sentiments de haine et d'horreur par les rolonistes !. « Dieu veuille, écrivait l’un d'eux, nous donner
1 Je ne veux citer qu’un exemple de la hardiesse de ces expéditions. Il est dit dans une attestation signée par Vaudreuil, que les trois frères Baby, officiers dans les milices canadiennes, ayant trente hommes sous leur commandement, ont fait dans la Virginie et amené au fort Duquesne vingt-neuf prisonniers.
Ces guerres de partisans étaicnt de part et d'autre d’une cruaaté révolte : mais, du moment que les blancs admettaient les sauvages comme alliés, il leur devensit à peu près impossible de les empêcher de faire la guerre à leur manière. Voici quelques extraits des ordres donnés à ces mêmes frères Baby, qui montrent jusqu’à quel point les commandants français prenaient soin de sauvegerder autant que possible jes droits de l’humanité..
18 juin 1755.
« ...Les sieurs Baby... auront altention pour que les sauvages n’exercent aucune cruauté envers les prisonniers,
CONTRECŒUR, Commandant au fort Duquesne. »
20 juin 1756.
« ...Le sieur Baby empleiera surtout tous ses talents et le crédit qu'il a sur les sauvages qu’il conduit, pour les empêcher d'user d'aucune cruauté sur ceux qui pourront tomber entre leurs mains.
Dumas, Commandant au fort Duquesne. »
Août 1757.
.. Supposé que les sieurs Baby fassent des prisonniers, ils feront tous leurs efforts pour empêcher les sauvages d’exercer à leur égard aucune cruauté.
DESLIGNERIS, Commandant au fort Duquesne. »
«... Si les sieurs Baby font des prisonniers, ils engegeront de tout eur pouvoir, les sauvages à les traiter avec beaucoup | d’ humaaité et à n'exercer à leur égard aucune cruauté.
DESLIGNERIS, Commandant au fort Duquesne, »
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170 UN PÈÉLERINAGE
la victoire contre nos cannibales cuivrés et contre les sauvages français, également cruels et perfides de leur nature. »
Qu'on juge de la position des malheureux A‘ .diens, jetés à l'improviste au milieu de ces populations fanatiques et effrayées. Quelques citoyens de Philadelphie n'eurent pas honte de proposer de les mettre en vente comme esclaves ; les Acadiens se révoltèrent avec toute la fierté et l’indignation de leur sang francais, protestèrent même par des requêtes contre ce criminel projet qui n'eut pas de suite. Heureusement que d’autres citoyens rachetèrent l'honneur de la Pensylvanie, par leur humanité et leurs soins charitables.
La reconnaissance du peuple proscrit a placé le nom du philanthrope Benezet à côté de celui du P. Hardy, ce missionnaire compatissant dont la charité fut sans bornes, et qui put, grâce à sa qualité de prêtre, offrir aux proscrits, en même temps que ses aumônes, les consolations de son ministère. Le P. Hardy leur administra les sacrements, leur dit la sainte messe, et les assista à leurs derniers instants. Ces cœurs brisés trouvaient aux pieds de ce saint prêtre la force de pardonner à ceux qui les faisaient mourir loin des leurs, sur une terre étrangère ; mais ils étaient devenus semblables à des plantes arrachées du so! ; ils ne pouvaient plus se reprendre à la vie. Plus de la moitié moururent peu de temps après leur arrivée !. La nostalgie les tuait autant que la misère ; comme l’exilé antique, ils expiraient en tournant les yeux vers leur patrie :
..... el dulces moriens reminiscitur Argos.
Antoine Benezet, dont je viens de mentionner le nom,
1 American Catholic Quarterly Review; the Acadian Confessors of 5 the Faith, October 1884, nr. 606, Thompson, Westcott, Æistory of ss Philadelphia. ie
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était un petit-fils de huguenots, fixé à Philadelphie avec quelques-uns de ses coreligionnaires. Ces descendarts d’exilés n'avaient pu voir les infortunes des Acadiens, sans se rappeler celles de leurs pères chassés comme eux de feur patrie. Ils firent taire leurs rancunes religieuses pour ne laisser parler que leur sang français, et s'employèrent à les assister.
Benezet avait fait, à la demande de quelques membres de l’Assemblée de Pensylvanie, un rapport sur l'état dans lequel il les avait trouvés à bord des navires où ils étaient encore à la fin de novembre. Le 24 de ce mois, le gouverneur Morris avait envoyé à la Chambre un message spécial, dans lequel il l'informait qu'il n'avait pas jugé prudent de les faire mettre à terre, mais que, la contagion s'étant déclarée parmi eux, il en avait fait débarquer quelques-uns sur l'ile Province.
On lit le passage suivant dans les minutes de l’Assemblée : « Antoine Benezet, appelé à comparaitre devant la Chambre, déclare qu'il a visité les Français neutres dans les navires mouillés actuellement au milieu de la rivière, non loin de la ville, et qu'il les a trouvés dans un grand état de besoin en fait de couvertures. de chemises, de bas et d’autres objets indispensables.
» Après qu'il se fut retiré, la Chambre résolut d'autoriser le dit Benezet à faire les dépenses qu'il jugerait raisonnables, pour assister les Français neutres de présents dans cette province. » |
Ainsi, selon la remarque d'un historien !, on n'a rien moins que les procédés d’une assemblée législative pour prouver que les pauvres exilés de la Nouvelle-Ecosse avaient été embarqués sans qu’on leur eût laissé même
1 Philip H. Smith, Acadia, À lost chanter in American History. Ce livre est écrit avec une élévation d'idée et une impartialité qui font honneur à l'écrivain. 11 m'a été très utile surtout en ce qui a trait aux Acadiens reçus en Pensylvanie et au Massachusetts.
les objets les plus ‘écessaires, eux qui jusqu'alors n’'avaient pas connu le besoin. De plus, que leur long emprisonnement à bord des navires, où iis n'avaient pour nourriture que de la farine et du lard, avait fait éclater parmi eux une maladie alarmante qui exigeait leur débarquement immédiat ; mais que le gouverneur de la province avait eu peur de les laisser descendre à terre. On va voir par les noms et les remarques qui suivent, inscrits sur une liste de souscriptions qu'on fit circuler dans Philadelphie pour obtenir des secours, s’il était bien dangereux de mettre ces malheureux en liberté. "
« Veuve Landry, aveugle et malade ; sa fille, Bonny, | aveugle ; veuve Coprit, qui a un cancer à la poitrine : veuve Seville, toujours malade ; Anne Le Blanc, vieille et malade ; veuve Le Blanc, folle et malade: deux jeunes # orphelins, enfants de Philippe Melançon ; trois orphelins, M enfant. de Paul Bujaud, l'aîné malade, un garcon fou. £ et une fille ayant une infirmité à la langue; un enfant À de Baptiste Galerne, fou ; Joseph Vincent, consomptif ; à veuve Gautrau, malade, avec un jeune enfant ; Joseph Benoît, vieux et malade ; Pierre Brassy (Brassard), infirme, ayant une rupture ; Pierre Vincent, malade ainsi que sa femme ; trois enfants, un aveugle, un autre très ÿ jeune, etc., etc. »
Après avoir lu ce qui précède, on s'explique pourquoi plus de la moitié des proscrits amenés en Pensylvanic oururent en quelques semaines. On les avait laissés ES languir durant plus de deux mois dans des prisons flot- js tantes, exposés à toutes les privations, par une saison rigoureuse. :
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3onny, itrine ; vieille jeunes helins, on fou.
enfant omptif ; Joseph A), inle ainsi tre très
ourquoi sylvanic
laissés bns flote saison