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que le droit de la force contre la force du droit. Ils adres- | | sèrent pétition sur pétition au gouverneur, dont on cou- | | naît l'esprit; ils ne furent que trop vite écoutés ; d’un
( seul coup, cent trente furent saisis et conduits à Hali- ! fax. sous une escorte de miliciens du comté de King !. | Pendant ce temps, Belcher attendait vainement la coo- | pération de l'Angleterre pour le transport de ses victimes. e Les lords du commerce répondirent qu’ils ne pouvaient p | se charger de cette besogne, et que cela regardait le x Il secrétaire d’État, lord Egremont?. Le secrétaire d'Etat, d | de son côté, s’en lava les mains, et renvoya Belcher au le général Amherst, dont on a vu les dispositions. ä Sur ces entrefaites, le retrait d'une partie des troupes, a
occasionné par la prise de Saint-Jean de Terre-Neuve par les Français, & zgrava la situation de la Nouvelle- A] Ecosse, compromise par sa conduite inqualifiable à l'égard di des Acadiens. Elle craignit que ces malheureux, exas- qu
pérés par tant de mauvais traitements, ne se portassent à quelque acte de désespoir. Belcher assembla son conseil et décréta précipitamment un envoi en masse au Massachusetts, sans prendre même la précaution d'en préve- | nir les autorités locales. Tout ce qui put être trouvé | d'Acadiens, de tout âge et de tout sexe, dans toute l'étendue de la Nouvelle-Ecosse, fut arrêté, trainé jusqu’à
Halifax , embarqué sur cinq navires avec ceux qui de étaient déjà détenus dans cette ville, et envoyé à Boston + (1762). | Ac | On n'eut pas plus de respect pour les liens de famille, mo | dans cette seconde déportation, que dans la première. Een
Un journal américain du temps, le Vew- York Mercury, ne put s'empêcher de protester contre ces actes d'inhu-
1 C'était sous ce nom qu’avait été désigné le canton des Mines, et c'est le même qu’il porte aujourd'hui,
2 Archives de la Nouvelle-Ecosse. Lettre des loirds du commerce, 23 juin 1761, p. 320.
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manité. « Les femmes et les enfants (des prisonniers), y disait-on, n’eurent pas la permission de s'embarquer avec eux, mais furent expédiés sur d’autres navires t, »
Arrivés à Boston, ils attendirent en rade, sous les canons du fort Williams, la décision de la législature du Massachusetts, qui se trouvait alors en session.
Malgré la forte pression exercée sur cette chambre, elle refusa péremptoirement de laisser débarquer les déportés, et tit signifier ses ordres au capitaine Brooks, chargé de convoyer les transports. Celui-ci ne vit alors d'autre parti à prendre que de les ramener à Halifax, où leur arrivée répandit la consternation et fit éclater une explosion de colère contre le Massachusetts. Il suffit de raconter de tels faits pour les faire juger.
Belcher et son conseil portèrent leurs plaintes jusqu’en Angleterre, accablèrent de leurs accusations la législature de Boston, et demandèrent avec plus d'instances que jamais la déportation des Acadiens.
« Ce renvoi des navires, disaient-ils, est d'autant plus regrettable que tant d’expulsions répétées et inutiles doivent naturellement exaspérer l'esprit de cette dangereuse population, qui peut se porter par désespoir aux plus terribles méfaits, tant par elle même que par ses instigations auprès des sauvages ?. »
Les lords du commerce répondirent par un refus formel de se prêter à ces interminables persécutions, disant « qu'il n’était ni nécessaire ni politique d’expulser les Acadiens, vu que si l’on employait à leur égard des moyens convenables, ils pouvaient servir les intérêts de la colonie, et devenir des membres utiles à la société,
l« Their wives and children were not permitted with them, but were ship’d on board other vessels, » New-York Mercury, August 30,
? Archives de la Nouvelle-Écosse. Governor Belcher to Board of Trade, p, 336.
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