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s'apercurent qu'on avait pour eux des ménagements auxquels ils n'étaient pas accoutumés. On craignit, en effet, les complications qu'aurait pu causer un soulèvement parmi eux, lequel aurait infailliblement entrainé celui de leurs constants alliés, les sauvages. Leur sécurité s’augmenta de tous les dangers que courait la puissance britannique dans ses colonies américaines. A la fin de 1775, toute la province du Canada était aux mains des insurgés. L'Angleterre n’y gardait plus qu’un seul rempart, la citadelle da Québec, serrée de près par le général Montgomery. On savait que le sort de cette province dépendait de la fidélité ou de la défection des Canadiens. On avait donc tout intérêt à ménager leurs frères de la Nouvelle-Ecosse,
Ce fut grâce à ces années de guerre et à la tranquillité intérieure qui s’ensuivit pour les Acadiens, que purent s'organiser, insensiblement et sans bruit. les paroisses de la baie Sainte-Marie, de Memramcouk et ensuite de Madawaska, qui servirent de point d'appui aux autres groupes acadiens.
Telle fut la fin de cette persécution sans parallèle dans les annales de l'Amérique. On a peine à s'expliquer comment la race acadienne n'a pas disparu entièrement dans cette tourmente. On s'explique encore moins comment, sans autre secours que le développement naturel des familles, elle a pu faire de si rapides progrès ; comment elle peut compter aujourd'hui, dans les provinces Maritimes, une population compacte et homogène de plus de cent mille âmes. Ce phénomène ne peut être attribué qu'à une seule cause : la puissance du sentiment religieux et national,
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