AU PAYS DE BRIZEUX
le caractère artificiel de la poésie pendant nos dernières années, ses raffinements de mièvrerie, ses excès de réalisme, ont fatigué le goût de ceux qui aiment encore à lire des vers. Nous sommes persuadé que Brizeux aura sa part dans le retour vers un monde plus humain et plus vrai. A ce titre, l'à-propos de ces pages s'en accroîtrait.
Ajoutons que l'œuvre entière de Brizeux, telle que Michel Lévy l'édita en 1860, a été récemment publiée chez ffl. Alphonse Lemerre, mais cette fois, en quatre petits volumes, dans une de ces éditions élzéviriennes par lesquelles l'intelligent éditeur a déjà signalé à l'attention publique des poésies certainement moins dignes d'un tel honneur. S'il était permis de comparer les volumes sortis de chez M. Lemerre à des vases de petite taille, mais de prix, nous ne craindrions pas d'affirmer que nul d'entre eux n'aura contenu une liqueur aussi pure et d'un parfum aussi exquis.
Il est vrai que nous ressentons le regret très vif de ne pas avoir connu Brizeux. Du moins, nous a-t-il été donné de consulter plusieurs de ses amis, soit des plus anciens, soit de ceux des dernières années, et de puiser à bonnes sources des informations d'autant plus sûres qu'elles se contrôlent les unes par les autres. Ceux-là seuls peuvent nous bien renseigner sur une nature morale, au milieu de la variété infinie des éléments complexes, contradictoires, dont elle se compose, qui l'ont étudiée, pratiquée, surprise, dans Fin-