UN PEI.ERI NA G E
tiniité des libres causeries. Mieux encore que devant un valet de chambre, c'est aux côtés d'un camarade qu'on se révèle tel qu'on est.
Enfin, nous avons visité le pays de Brizeux, ces campagnes bretonnes dont il s'était imprégné et qui semblent à présent imprégnées de son esprit, en recherchant l'occasion de nous entretenir de lui avec les gens de sa race, comme on aime à causer d'un ami de jeunesse avec ceux qui l'ont connu jadis.
Un jour il disait en errant à travers les lieux mar • qués par le souvenir d'un ancien barde :
Seul pèlerin pieux je cherche son village, et, faisant un retour sur lui-même, il ajoutait :
Un autre viendra-t-il du moins sur ma colline. Boira- t-il à la source où ma lèvre s'incline, Passera-t-il où j'ai passé ?
Non sans quelque douceur, nous nous figurons que notre voyage a comme répondu à la plainte inquiète
du barde moderne. Plus d'une fois, pèlerin obscur, nous aurions pu dire comme lui songeant à son devancier :
Où sa harpe éclatait, mon cœur chante tout bas.
Notre intention n'a pas été de faire ce qu'on appelle un livre de critique. La prétention de venir si tard,