A ON POETE AMI
.V M . EDOUARD BRIAULT
Près Je votre compagne et de vos blonds enfants, Dans un jardin fleuri la fleur des jeunes ans Vous envoie au réveil sa fraîcheur matinale :
Plus, les cheveux épars sous vos arbustes i Vous mêlez, doux rêveur, le pur encens des vers A l'encens printanier qui des myrtes s'exhale :
Aux chansons de l'oiseau s'unit votre chanson : Tout brille, embaume et rit autour de la maison ! Dieu fait à ceux qu'il aime une vie idéale.
Lorient est une place forte, aux larges rues rectilignes :
De la porte de ville on va droit jusqu'au centre.
Un seul souci nous y tenait à cœur, visiter le cimetière. Brizeux, avant sa mort, avait exprimé le désir, qui a été exaucé, d'être transporté en Bretagne. Ses vraies funérailles ont eu lieu dans sa ville natale, et; on peut le dire, en harmonie avec sa destinée, sans au tre cortège qu'un petit groupe d'amis. Celui qui avait toujours détesté le mensonge de tant de funérailles parisiennes, fut suivi par un deuil simple et par des larmes discrètes.
M. Briault tint à nous accompagner jusqu'au car nel1, comme on dit à Lorient, situé sur une pente d'où
1 Cette dénomination est empruntée au nom du village prè> duquel est établi le cimetière depuis plus de cinqnaute ans. On pourrait à première vue trouver un rapport étymologique entre ce nom de carnel et le mot charnier, à cause d'une similitude avec la racine latine çarn} mais nous n'afïirmons rien sur ce point.