Lettre à M. le Supérieur du Séminaire
2. Depuis son passage dans cette maison, le collège Sainte- Marie, qui est sa première œuvre, a prospéré : des congrégations pour les différentes catégories d'élèves, une conférence de Saint Vincent de Paul pour les aines, contribuent à réalist-r, autant qu'il se peut, le but élevé et pieux de l'apôtre qui y a jeté la semence de vie. Les fortes études y sont en honneur ; l'éducation — cette éducation solidement chrétienne qu'il ambitionnait — est à la hauteur de l'instruction. Le collège d'Aire marche l'égal des plus florissantes institutions catholiques, si nombreuses, cependant, sur cette terre féconde du diocèse d'Arras.
langues étrangères furent organisés ; on ouvrit une double bibliothèque, et un cabinet de physique ; M. de Préville était prêt à tous les sacrifices pour faire de sa maison, une maison modèle, rêvant pour elle cependant, moins le nombre que la valeur des sujets en formation.
Comment ces heureux débuts et ces nobles desseins n'eurent— ils que la durée de l'année scolaire 1871-72 ? En effet, à la fin du mois de juillet, M. de Préville pria Mgr Lequette, évêque d Arras, d'accepter sa démission de supérieur. Nous avons sous les yeux une longue correspondance échangée entre l'autorité diocésaine et le supérieur de Sainte- Marie, dans laquelle celui-ci persiste, avec cette énergie qui fut une des caractéristiques de sa vie, à maintenir son idée de se retirer, tandis que l'Evèché lui adresse l'expression des raisons les plus convaincantes pour le déterminer à rester. M. de Préville ne voulut pas rester. Le 4 septembre 1872, M, le Supérieur du Séminaire, vicaire général, lui écrivit :
■< Evèché d' Arras, 4 septembre 1872,
« Mon cher Monsieur de Préville, « Après avoir entendu mon compte rendu de
la conversation de samedi dernier, et les observations nombreuses qui lui ont été faites, Monseigneur... a cru devoir accepter l'offre réitérée que vous avez faite de votre démission, et nommer un autre supérieur au collège d'Aire.
« Vous connaissez assez les difficultés d'une administration pour comprendre qu'elle doit aQfir assez souvent contre les inclinations du cœur. C'est ce qui arrive en cette circonstance.
« Veuillez me croire votre très humble et très obéissant serviteur.
« PORTENART, VlC . Géll. »
Dieu accomplit ses desseins à travers toutes les circonstances. Sans doute, quelques diversités d'opinions s'étaient produites sur un ou deux points, dans plusieurs membres du personnel enseignant ; mais elles n'avaient en rien altéré, chez aucun, la profonde estime, et, chez la plupart, la très sympathique admiration pour leur supérieur. En apparence, M. de Préville se retira parce qu'il n'avait pas une pleine liberté d'action pour mettre en pratique le système d'éducation qui lui paraissait le seul bon, mais, en réalité, Dieu le voulait
dans un genre de vie encore plus militant. M. de Préville doit être, avant tout, un père de jeunesse, de cette jeunesse ouvrière qui a tant besoin, dans notre siècle, qu'on s'occupe d'elle pour la détourner des abîmes et la porter au bien, (i)
i. Le lecteur aura sans doute remarqué qu'en ce qui concerne le ministère de M. de Préville à Aire-sur-la-Lys, nous avons cité, sans apprécier. Son système d'éducation n'a pas été et ne sera pas sans rencontrer des contradictions. Que chacun juge selon ses préférences.
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