Procès-verbaux des réunions de la Garde d'Honneur, n mars
penseront les nouveaux, si au lieu de se récréer, comme vous le leur aviez fait entrevoir, ils s'ennuient dans un coin de la cour ? Ils diront qu'ils ne veulent plus revenir ; et voilà peut-être des enfants qui se perdront ailleurs, tandis que quelque effort de votre part, en leur faisant prendre goût au patronage, les aurait probablement maintenus dans la voie du bien. Courage donc, enfants du bon Dieu ; mettez-vous bien à la besogne! » (i) En conséquence, il demandait aux « grands » de jouer avec les « petits » . Quand les aînés se mêlent à un jeu, l'entrain se communique d'instinct et les récréations s'animent naturellement. Rien n'est plus facile à constater dans une œuvre. Le patronage devient alors une famille où règ-ne l'union, avec la plus charmante gaîté. « Les jeux les plus simples, disait-il dans une séance de la Garde d'honneur, ont de l'attrait, quand les grands s'en mêlent. Il ne faut pas non plus que deux ou trois seulement puissent prendre part au jeu ; il faut que tout le monde puisse jouer. On doit s'amuser beau-
i. Procès-verbaux des réunions de la Garde d'honneur, 15 septembre 1874.
coup au patronage, dût-il vous en coûter ! » (1) Mais si le jeu doit être en honneur dans une œuvre de jeunesse, il n'est nullement nécessaire qu'il soit dispendieux ou compliqué. Les jeux que M. de Préville affectionnait particulièrement, c'étaient les jeux mouvementés, tels que le jeu de barres, le jeu d'échasses, les exercices de gymnastique ; en hiver, les glissoires, les grandes parties de balle au chasseur, les combats des Français et des Anglais, des chrétiens et des mahométans. « Une des batailles qui m'est le mieux restée dans la mémoire, écrivait un ancien dans le Messager de Noire-Dame des Apprentis, c'est la prise d'Orléans par Jeanne' d'Arc ! Quel entrain, quel acharnement !
« Du reste, il fau': dire que la cour du patronage à ce moment-là, était propre à une action de ce genre. La ville d'Orléans était cette pauvre glorietle plantée au milieu de cinq ou six peupliers, et qui, depuis a disparu.
« Les Français étaient postés à la porte d'entrée ; il fallait enlever la gloriette tout