Procès-verbaux, n mars
ce déplorable sentiment. Regardons les saints : voilà des exemples frappants de charité et de dévouement que nous devrions suivre : mais hélas ! nous nous préoccupons trop de nous-mêmes, et pas assez des autres. Rejetons donc cet amour de notre personne qui nous empêche de faire du bien à nos camarades, oublions-nous pour ne penser qu'aux autres et demandons à Jésus un peu de sa charité et de son dévouement. ».(l)
Et ce dévouement, les membres de la ■ Garde d'honneur avaient mille occasions de le pratiquer. « Vous avez bien des occasions de vous dévouer, disait encore l'abbé de Préville. Au patronage, d'abord, si vous voyez de vos camarades qui s'ennuient ; approchez-vous d'eux ; invitez-les à participer avec vous, même à un jeu qui ne vous plaît pas ; et ces camarades seront heureux, et prendront goût au patronage.
« Et dans vos ateliers, c'est là surtout que vous pouvez montrer votre charité.
Lorsqu'un ouvrier vous taquine, le premier mouvement c'est de lui garder rancune ; avec du dévouement, nous ferons le contraire ;
i. Procès-verbaux, 30 juin 1874, 8 décembre 1874.
nous serons attentifs à ses désirs, nous chercherons l'occasion de lui rendre service ; cette conduite finira par le faire réfléchir et peut-être par le convertir. » (i)
Cependant, rien n'est efficace, en matière d'apostolat, comme le bon exemple. Aussi M, de Préville en prêchait-il souvent l'obligation à ses jeunes congrég-anistes. « Les plus beaux sermons ne peuvent faire autant de bien que la prédication du bon exemple. On a beau dire à un enfant : jouez donc, si personne ne lui montre l'exemple, il ne jouera pas ; ce qu'il faut, c'est nous montrer fidèles à la prière, au bon esprit, à la confession, à la communion fréquente, à la visite au Saint-Sacrement. »
Et pour fortifier ses enfants dans cette pratique du zèle, M. de Préville, à la suite de M. Allemand, leur montrait les heureux résultats de leur apostolat.
« Par le zèle, disait-il, on imagine de pieuses ruses contre l'inconstance, l'ennui et l'insouciance , par le zèle, le patronage devient une famille où les grands sont les anges gardiens des plus jeunes, où les petits
i. Procès-verbaux, 16 mars 1875.
s'appuient avec confiance sur les grands, où tous s'encouragent par leurs bons exemples, se livrent aux mêmes jeux, assistent aux mêmes exercices, entendent les mêmes instructions, se retrouvent dans les mêmes lieux ; en un mot, par le zèle, tous s'aiment, travaillent à se sanctifier et l'œuvre devient un séjour de bonheur. » (i)
Après avoir ainsi établi la nécessité et les avantages de la charité fraternelle, M. de Préville ne manquait pas d'en indiquer la vraie source et le seul foyer qui est le Cœur de Jésus. De là ses exhortations incessantes à la communion fréquente et à la visite au Saint-Sacrement. « Une des principales charges des gardes d'honneur est de rendre à Notre-vSeigneur dans l'église le respect qui lui est dû. Notre-Seigneur est là ! cette seule pensée serait pour chacun de nous un préservatif contre les distractions. Dieu voit le moindre de nos efforts : Il est témoin de cette petite mortification que je m'impose : quelle pensée consolante ! » (2)
Une autre fois, il disait à ses petits apôtres