Procès-verbaux, 14 février
« Que j'aime un enfant qui après s'être réjoui de se' trouver en la présence de Jésus et avec Lui, lui expose ses défauts, ses besoins, sa dissipation, sa paresse, ses mauvaises habitudes ! Oh ! oui, voilà la bonne manière de faire une excellente visite au Saint-Sacrement ; et si tous, nous agissions ainsi, comme Jésus bénirait notre petite association ; comme nous deviendrions bons et aimants pour ce tendre Maître ! »
Quant à la communion, le directeur désignait, au début de chaque séance de congrégation, trois ou quatre membres chargés de recevoir la sainte Eucharistie, le dimanche suivant ; lorsqu'une fête religieuse se présentait, tous les congréganistes se faisaient un de voir de communier, sans aucune demande de M. de Préville, mais par habitude de piété.
On le voit donc, Dieu était le maître de ces jeunes cœurs ; il régnait en conquérant dans ces âmes généreuses et les faisait agir. Et quand l'on a constaté, par une douce expérience, toutes les puissances de sacrifice et de générosité dont le cœur d'un jeune homme est capable, on peut se rendre compte des résultats qu'obtenait M. de
Préville, par le moyen de sa Garde d'honneur. C'était comme le bon levain qui conservait au patronage ses éléments de vitalité .
Du reste, M. de Préville éveillait fréquemment dans l'àme de ses congréganistes le noble sentiment de la responsabilité. « Si vous êtes bons, leur disait-il un jour, le patronage sera bon ; si vous êtes mauvais, notre œuvre se ressentira de vos dispositions médiocres. » (i)
Et une autre fois : « C'est sur vous que l'œuvre repose ; c'est de vous que dépend sa marche. » (2)
M. de Préville ne fut pas trompé dans ses espérances. Sa modeste congrégation de la Garde d'honneur fut, dans son œuvre, un véritable foyer de piété et de dévouement. Il le reconnut un jour devant les congréganistes eux-mêmes : « Dès le début du patronage, leur disait-il le 26 octobre 1879, j'ai compté sur vous pour la fondation de mon œuvre ; aujourd'hui qu'elle est parfaitement établie, c'est encore à vous qu'il appartient de travailler à sa prospérité. »