‹ Un pere ou La famille Simon drame en trois actesChapitre 8 sur 57 · VICTOR, SAINT-HILAIRE · texte numérisé non relu

VICTOR, SAINT-HILAIRE

ST .-HILAIRE. Eh bien! entre donc ; ton père n'y est pas. 'l iens, le voila qui s’éloigne avec mon heureux rival.

VICTOR. Ah ! tant mieux ! Je n'aurais jamais ôsé me présenter devant lui...

quelle nuit fatale ! six mille francs! comment les acquitter?

ST-HILAIRE. liait ! c’est la première dette que lu fais depuis que ton père eut la bonté de les payer il y a un mois...

crois-tu qu’il se montrera plus sévère pour Celle-ci?

VICTOR. Et moi, qui lui avais promis de me corriger!

ST-HILAIRE. Eh bien! tu lui feras de nouveaux sermens et ta signature disparaîtra des mains de tes créanciers pour passer dans les siennes.

VICTOR. Il se lasserai

ST-HILAIRE. Eh ! non. Tu connais bien mal le cœur de ton vieux père ! voudraitil pour quelques milliers de francs voir son fils unique, l'espoir de sa famille, sous le poids d’un jugement, d'une contrainte par corps ? Pourrait-il supporter les reproches de ta mère, lorsque cette bonne et tendre dame lui dirait : vous avez des fonds en caisse, du crédit dans le monde, et mon fils esten prison ! allez, monsieur. payezetrendez-le à ma tendressc?non. Comme il ne peut rien refuser à sa noble épouse, le brave homme ouvrirait encore une fois ses colTres, acquitterait tes lettres de change, et te ramènerait dans ses bras.

VICTOR. Tout a une fin; sa fortune est déjà bien diminuée !

ST hilaire. Au contraire. Depuis six mois elle est dans une prospérité conti-, nuclle. Et puis la chance peut te revenir ; une bonne veine va te remettre d’ici longtemps à même de jouir de la vie, sans rien emprunter, sans rien demander à tes parens. Le rendez-vous est donné pour ce soir : tu vas gagner le double de ce que tu as perdu cette nuit, j’en suis sûr. Hier cela ne commençait déjà pas mal... si tu avais eu à faire à un joueur aussi franc que loi !...

VICTOR, te levant. Voilà ce qui mo révolte! m’être laissé voler toute une nuit sans m’en apercevoir !

ST-HILAIRE. Oui, c’est vrai, cela répugne de se trouver avec des gens aussi peu consciencieux. Mais tu l’as bien puni. Tu profiles de mes leçons!

VICTOR. Pourvu que mon père ne sache rien. .

ST-HILAIRE. De qui veux-tu qu’il apprenne ?...

VICTOR. S’il s’est aperçu que je ne suis pas rentré, il aura peut-être pris des renseignemens où nous avons passé la nuit, on lui aura dit. . .

ST-HILAIRE. Pas un mot, car j’ai défendu qu’on parle de cette affaire: ainsi tu n’as rien à craindre. D’ailleurs tu as un moyen de t’en assurer ; la mère est seule, va l’embrasser comme à l’ordinaire ; si elle ne te dit rien, c’est qu’on ne sait rien, alors tu pourras hardiment paraître devant ton père.

ti macasjn nimit.

VICTOR. Oui, c’est le plus sage. Quand elle me ferait quelques reproches, ils sont si doux que je ne les redoute pas.

st-hilaire. Elle est si bonne pour toi!

ne sois pas longtcms, je t'attends ici.

( Victor *ort. )

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