ACTE PREMIER
JOSEPH, entrant.
Parlic... et voici la lettre qu'elle a remise pour M. le vicomte...
ANDRÉ, lisnnt. <■*
« Je sais que vous êtes chez vous, André!... Vous me chassez donc pour une autre femme!... Je m'étais arrangée de manière à vous retrouver à Dieppe. Je venais vous annoncer cette bonne nouvelle. Je comprends que je vous ennuierais. Vous ne me reverrez plus! Adieu, André... »
LE COMTE
« Soyez heureux!... »
ANDRÉ
« Soyez heureux!... » ça y est!...
LE COMTE
Toujours la même lettre. C'est une femme de trente ans?...
Oui^.
Jolie?
Jolie.
.Veuve?
Mariée.
LE COMTE
ANDJUÉ.
LE COMTE
Un mari jeune? /'
ANDRÉ
Quarante ans^
LE COMTE
C'est tout jeune. Il n'est pas ton ami, n'est-ce pas?
ANDRÉ
Je ne l'ai jamais vu.
LE COMTE
11 ne se doute de rien?
ANDRÉ
Heureusement, car il est jaloux comme un tigre.
LE COMTE, lui prenant la main.
Tu sais que je n'ai que toi.
ANDRÉ
Sois tranquille ! D'ailleurs, tu le vois, tout est en train de se rompre. Elle vient passer deux ou trois mois de l'année à Paris, je la vois trois ou quatre fois pendant son séjour, et, le reste du temps, elle m'écrit des lettres de huit pages... J'en ai plein une malle; en voilà assez. Elle avait trouvé moyen de venir à Dieppe! C'aurait été gai?
LE COMTE
Romps, mon ami, romps 1... Toutes ces liaisons légères, toutes ces amours du monde, tout cela est bien creux, en somme, et il vient un moment...
ANDRE
Où il faut se ranger.
LE COMTE
Certainement!
ANDRÉ
Serais-tu disposé à te ranger, toi?