SCÈNE XIV
HÉLÈNE, THÉODORINE, suivie de Marthe qui reste au fond à
droite.
THÉODORINE, très-animée.
Ouf! c'est un guet-apens! un tour que je n’oublierai jamais!
HÉLÈNE.-
Eh! qu’as-tu donc?
THÉODORINE.
C’est révoltant! cela cric vengeance!
HÉLÈNE
Mais me diras-tu?...
THÉODORINE.
Une chose à faire reculer le soleil.
Mais qu’arrive-t-il ?
THÉODOTUNE.
Ton concierge...
HÉLÈNE
Eli bien?
THÉODORINE.
Ton mari...
HÉLÈNE
Ensuite?
THÉODORINE.
Oh!
ÜN PETIT BODT D’OREILLE.
HÉLÈNE
Voyons.., Mais voyons!
THÉODORINE.
Ton concierge n’a pas voulu me laisser sortir... parce qu’il a reçu de ton mari Tordre formel de ne laisser sortir personne.
HÉLÈNE, & part.
Sa jalousie !
TnÉOnÔRIN E.
Et songe qu'il s'agit de mon bonheur! Car, pourquoi te le cacherai-je plus longtemps? on vient pour m’enlever.
HÉLÈNE
T’enlever!
THEODORINE.
Et ton concierge!... J’ai eu beau le raisonner, essayer de lui faire comprendre que, n’étant pas de la maison, la consigne ne m’atteignait pas... oh bien, oui ! un Allemand. — «Endrez dant qu’il blaira, je n’afre boint d’ordre. . . mais sortir !... jamais ! bersonne! » Et je voyais à travers la grille les chevaux qui devaient m'emporter avec mes cris et mon désespoir; je distinguais déjà les nobles traits de mon ravisseur! Et un vil portier!... Je l’aurais étouffé. J’ai pris le cordon pour ouvrir moi-même ; il m’a pris le bras.
MARTHE, près do la cliemince.
Tu aurais mieux fait de prendre patience.
THÉODORINE.
Oser me parler ainsi !
MARTHE
J’ai bien osé te donner le fouet, il y a vingt-cinq ans.
HÉLÈNE, passant à Marthe.
Voyons, Marthe...