LA POUPEE
Ce tut une jolie poupée au teint trais, rosé, aux cheveux noirs luisants : dans les yeux Ggés <lu mystère, presque un sourire grave et triste.
Sa jeunesse remonte loin, dans le passé: alors les poupées étaient en toile rose remplie de son. ce qui leur donnait cet air dodu, grassouillet, presque humain, la tète en cire et de vrais cheveux.
Gomme elle était élégante, la poupée, et comme souvent elle
changeait de toilette, c'était du reste sa seule occupation, sa vie.
Dieu, la riche garde-robe ! Traînes de brocart, tulles pailletés brodés d'or, d'argent; en hiver des fourrures en masse; les chinchillas si doux, les renards enveloppants et chauds, la blanche hermine, l'embrassaient, la couvraient tout entière: en été les lins linons, les batistes fleuries, les petits chapeaux coquets couverts de plumes soyeuses, de roses, de cerises, et les dentelles, valenciennes, malines, souples et molles, unes applications de Bruxelles, venises aux incrustations multiples. que sais- je ?
Rien de trop beau [tour elle, et à travers tout cela les mêmes yeux figés, deux yeux de sphinx ignorant tout.
. >ur. elle tomba ilu second étage, dans le jardin, au milieu 1 un parterre do roses. Prise aux épines, le ^<>n coula; la tête éraflée £lt à terre : c'était fini.
Jeunes femmes qui passez riantes et insouciantes à travers la vie, s »n»*ez quelquefois à la petite poupée accrochée aux rosiers!
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