EYOUB
le fidèle achève sa vie en face de la tombe qui se prépare pour lui et de l’arbuste qui doit fleurir sur ses restes mortels.
Cette visite à pied ne fut pas mieux vue que celle à cheval. Comme nous longions sans bruit les grilles élégantes qui séparent les cercueils de la rue, les huées, les crachats, les pierres jaillirent de tous côtés ; il ne nous resta qu’à gagner la colline.
Cette colline s’élève en poétiques contours jusqu’au plateau d’où la vue s’étend sur les Eaux-dou ces, la Corne d’or, Stamboul et Scutari. Le soir, les aspects sont variés comme les teintes ; les coupoles resplendissent, le Bosphore étincelle, la cime neigeuse de l’Olympe se détache du ciel embrasé par le couchant ; l’aqueduc de Valens qu’enlace une longue chevelure de lierre dresse ses arches puissantes. Au pied des cyprès qui s’étagent et au delà des platanes et des chênes de la mosquée d’Eyoub, le golfe mollement couché éclaire le paysage.
Il y avait là de quoi oublier les pierres du fanatisme.