CHAPITRE XIII
Caïques et Caïdjis. — Top-Hané. — Les cafës.
C’est sur le golfe de la Corne d’or, qui est à la fois un lac, une mer et un fleuve, qu’au retour d’Eyoub et des Eaux-douces , on glisse vers Top- Hané, échelle de Péra.
Le caïdji qui nous reçut en son caïque de bois de hêtre relevé à l’extérieur d’un filet d’or et de fines découpures, orné à l’intérieur de carquois et de nœuds de rubans sculptés, était un de ces types particuliers à l’Orient. Il avait le front haut, la physionomie noble; la franchise étincelait dans ses yeux noirs; son regard mélancolique et profond allait du ciel à l’eau et de l’eau à ses rames. Il n’était ni causeur, ni communicatif, veillait à l’équilibre, se garait des bateaux à vapeur, imprimait à sa coquille le mouvement léger des mouettes, sans qu’on pùt le faire sortir de sa réserve silencieuse, sans qu’il fût