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quels les privations étaient légères parce qu’ils les supportaient à deux, furent les seuls à ouvrir aux immortels qu’ils ne reconnurent point, leur modeste abane.
Baucis confectionna une soupe aux choux qui araît avoir été fort réussie et ne regarda point à sacrifier, pour la faire bonne, un morceau de lard. Philémon pendant ce temps entretenait ses hôtes et leur lavait les pieds. Il y eut même, en outre de la soupe aux choux, des œufs mollets, des olives, une salade d’herbes et du fromage ; mais, dit Ovide, le meilleur mets de ce repas fut aux yeux des immortels le visage de leurs hôtes.
Un incident, dès le commencement du repas, éveilla les soupçons de Baucis; elle avait beau verser à boire, le vin de sa cruche ne tarissait pas. Comprenant à ce signe qu elle pourrait bien avoir à faire à quelque habitant de l’Olympe, elle quitta la table et courut à la basse-cour pour tuer une oie qu elle ne put attraper, et qui, par la volonté des dieux, glissa entre ses doigts.
A celte recherche d’attentions, Jupiter et Mercure n’y pouvant tenir, firent signe à leurs hôtes de les suivre, les conduisirent sur le sommet d’une montagne, leur montrèrent le pays submergé à cause de son inhospitalité, et leur cabane changée en temple, puis ils leur demandèrent ce qui pourrait combler leurs vœux.
Philémon et Baucis ne sollicitèrent que le bon-
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heur de servir leurs bienfaiteurs dans le temple qu’ils tenaient d’eux, et de ne point se survivre l’un à l’autre.
Leur vœu fut entendu. Leur vieillesse s’achev' heureuse ; et comme un jour les deux vieillards cl saient ensemble sur le seuil de leur porte, Baueis crut s’apercevoir que la tête de Philémon se couvrait de feuilles. Au même instant Philémon vit les cheveux de Baueis se changer en branches. Ils se parlaient encore, que déjà l’écorce montait à leurs lèvres. Penchés l’un vers l'autre, il se firent leurs adieux et se réjouirent d’une fin qui ne les séparait pas.
Après Buyuk-Déré, en descendant le Bosphore, apparaît Thérapia entre de fraîches pelouses et de rapides sentiers, sous les riants ombrages de sa couronne de pins. La baie profonde et lumineuse de Thérapia sert de débarcadère aux bateaux à vapeur qui s’arrêtent à un quai de cafés et de jardins.
Thérapia est la résidence d’été des ministres européens. Le palais de France dont la vue s’étend de la baie qu’il domine aux horizons de la mer Noire, a vu briller et mourir le prince Ypsilanti, interprète de la Porte, secrètement attaché à la France et au czar Alexandre. Sélim III fit expiera ce prince dans d’effroyables tortures sa fortune et ses tendances.
Partout, sur les bords du Bosphore, les passions humaines ont gâté la nature. La cruauté a sévi sous ces bocages, la méchanceté a fait ombie à tous ces
enchantements ; les cris d’innombrables victimes se sont mêlés aux brises balsamiques qui passent dans les tilleuls.
A Roumili, à Anatoli-Hissar, forteresses construites en face l’une de l’autre par Mourad IV, des murailles et des tours crénelées revêtues de lierre et de mousse sortent des cyprès, descendent jusqu'au Bosphore.
Leurs canons du moins n’annoncent plus la décapitation d’un bostandji ou l’étranglement de quelque janissaire ; les alcyons légers, que les Turcs disent pressés d’emporter sur leurs ailes les âmes qu’attend le paradis, voltigent sur les courants.
La poésie de ces eaux transparentes, les parfums de ces touffes de jasmin ne pénétraient guère dans ces sombres oubliettes où il ne suffisait pas d’attendre la mort, mais où il fallait la sentir et la voir, lente, cruelle, inévitable. On mutilait, on pendait, on strangulait très-proprement à l’ombre de ces figuiers; il y avait un canal pour charrier le sang, des entonnoirs pour recevoir les cadavres. La férocité ne s’endormait pas aux harmonies de ce rivage.
Les tombes se pressent entre les lianes et les racines; c’est sur la rampe de Roumili-Hissar que dorment les soldats tombés à la prise de Byzance.
En 1453 une chaîne de fer doublée de vaisseaux grecs et vénitiens défendait entre Roumili et Ana-
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