‹ Un peu partout de Neuchatel au Bosphore James de ChambrierChapitre 34 sur 54 · SÛT · texte numérisé non relu

SÛT

toli-Hissar l'entrée du port de Stamboul. Mahomet II tourna l’obstacle et jeta pendant la nuit pardessus la colline, et sur un chemin de planches graissées, soixante de ses navires.

Au matin , Constantinople vit son port envahi.

Voici Bébek, avec ses térébynthes, ses quais à fleur d’eau, ses kiosques élégants. Les embarcations s’v abritent sous des arceaux de verdure ; le soleil y dore des marchés de légumes et de fruits \ des cafés aériens y surplombent la vague.

Voilà les Eaux-douces d'Asie.

Voici Arnaout-Keuï, avec ses palais grillagés et taciturnes. De temps à autre une jalousie se lève sur de fugitives apparitions, les caïques se croisent sous les balcons et ne laissent apercevoir que des tètes voilées sous des ombrelles de soie rose.

Les courants sont rapides, les barques les remontent tirées à bras par de nombreux hammals.

Les vaisseaux de la Colchide et du Caucase échappés aux tempêtes de l’Euxin courent toutes voiles dehors vers les eaux tranquilles du golfe. Les barques traversent le fleuve ou se balancent dans les baies qui les retiennent. Les pêcheurs grecs et bulgares nichés au sommet de leurs appareils d’osier, portés par des poutrelles, manœuvrent dans les cou- A rants, surveillent les bancs de poissons qui descendent de la mer Noire, s’apprêtent à relever, à l’aide de cordes et de poulies, leurs filets de mailles serrées

et de forme circulaire. Quelquefois, en veillant au grain, le pêcheur s’endort, tombe du haut de son nid et se réveille en plongeant.

N’arrive-t-il pas souvent à la pêche et dans la vie, de tomber du côté vers lequel on penche.

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