CHAPITRE XVIII
Scutari et le Boulgourlou. — Les Derviches hurleurs.
A la jonction du Bosphore et de la mer de Marmara, Scutari avance son promontoire de cyprès, de maisons roses et de mosquées blanches.
C’est l’ancienne Chrysopolis, la ville d’or à laquelle les Perses confiaient les trésors pris à la Bithynie.
Dès le débarcadère de ce faubourg de Stamboul, sur un plancher flottant qu’entoure un banc garni de fumeurs, se dégage comme un parfum de poésie orientale auquel ne gâte rien cette pensée, qu’on foule la terre d’Asie. Les Turcs ont pour Scutari une affection particulière; ils aiment à s’y faire ensevelir parce qu’ils le tiennent pour un abri contre les retours de leur fortune publique, comme un asile aussi contre les entreprises des infidèles.
Des embarcations de toutes couleurs et de toutes