CHAPITRE IV
Vienne.
Vienne, au centre de l’Europe, à l’entrée d’une . as : e plaine baignée par le Danube, est plus encore aujourd’hui la résidence de la famille impériale et lu capitale de l’archiduohé d’Autriche que la capitale de l’Empire.
Noyau de peuples divers, de races distinctes, de nationalités tranchées, Vienne, et c’est ce qui lui donne un caractère original, est le centre vers lequel convergent la Transylvanie, la Carinlhie, la Hongiie, le Tvrol, la Styrie, la haute Autriche et la bohème. jVfcûs ces pays y apparaissent sans s’y fondre eu un tout homogène, sans s’ y agglomérer, sans • former une représentation compacte. Ces pays ont eux -mêmes leur capitale, leurs traditions, leurs tendances; ils gardent leurs mœurs, leurs coutumes, leurs lois; iis ont constamment résisté à la pensée
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mil qui a cherché pendant un demi-siècle à
ceivruhsii ces masses hétérogènes et à franchir les baijières nationales qui s’opposaient à l’assimilation.
Vienne, autrefois place de gucr.e, est « tenue vide déplaisir; ses remp i.î chargés di- j>..lais sont semés d’ombrages et de points de vue charmants. Ses glacis bordés d’églises, d’hôtels princiers, f hôpitaux et de casernes, ont des sentiers dans ie gazon, des chemins sous les tilleuls, des acacias sous lesquels on boit des eaux au son de la musique.
Abandonnés aujourd’hui à la spéculation, destines a former la plus belle artère de la ville, les glacis se couvrent de constructions nouvelles ; l’opéra s’y est élevé; de beaux hôtels y poussent du sol. ^
Ci a est avantageux, mais c’est moins original. \ ienne en supprima t ses glacis, a modifié son caractère. Vus de ia Alariahilf ou de la Landstrasse, en regard des palais qui surmontent les bastions, ces glacis avaient un aspect champêtre, peu ordinaire aux capitales. Ces allées d’arbres sous lesquels courait l'air libre, qu’il fallait traverser pour aller de la ville aux faubourgs, n’étaient pas désagréables au s- rfjr de rues étroitesetà l’entrée de quart» popu- .oux .
Les faubourgs sont eux-mêmes une grande ville. Vienne, étouffée par ses murs, a dès longtemps enjambé ses fossés et jeté de l’autre côté des glacis une ville ouverte à l’air et au soleil ; une ville de
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vie moins dispendieuse, de loyers plus abordables; une ville qui envahit la campagne et s’étend jusqu’au Danube. Les résidences princières, la plupart des collections et des administrations publiques, l’aristocratie, la cour et le commerce sont restés dans l’ancienne avec l’affluence et le luxe.
Vienne aujourd’hui démolit ses remparts, et cela est conséquent; mais on ne peut oublier que ces murailles parlent de souvenirs héroïques et que ces pierres qui tombent les unes après les autres sont autant de pages d’histoire.
Les Hongrois, les Turcs, les protestants de Bohème, les Français, les Autrichiens eux-mêmes ont attaqué ou franchi ces fortifications. Mathias Corvin, Kara-Moustapha, Jean Sobieski, le comte deThurn, Napoléon I er , le prince de Windiscbgraëtz, y ont écrit leurs noins'en caractères de feu.
Mathias Corvin entra dans Vienne après un siège de plusieurs mois ; mais Soliman II ne put y réussir et s’accorda en revanche le petit plaisir de brûler vifs tous les captifs qu’il ne put emmenei. Prenant sa retraite pour un succès et ces supplices pour dos victoires, il reçut des félicitations, distribua des récompenses.
Kara-Moustaplia ne fut pas plus heureux; il opéra, c’est Jean Sobieski qui l’écrit à sa femme, « la plus belle retirade du monde. » Cette retirade, fort plaisante aux yeux de Sobieski, le fut moins au cœur du grand vizir, qui, à son arrivée à Ofen, prit occasion
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de s'en ouvrir à Ibrahim-pacha, gouverneur de la ville, et lui coupa la tête.
Une confidence de ce genre l’attendait lui-même à Belgrade où le sultan Mahomet IV lui offrit le cordon en échange de sa déroute, il eut même cette gracieuse attention de lui laisser le choix de la main qui devait l’étrangler. Kara-Moustapha se soumit à cet ordre comme à la juste expiation de ses revers et noua lui -même le cordon ; mais, préalablement, il se rattrapa de sa disgrâce par l’égorgement de tous les ouvriers qui l’avaient aidé à enfouir ses richesse^.
A Vienne, les choses se passèrent d’une façon moins dramatique. La ville, en l’absence du souverain, courut à Sobieski et le fêta comme son libérateur. Mais l’écho de ces acclamations outragea Léopold, ennuyé d’une gloire qui offensait sa nullité. Le roi de Pologne alla au-devant de lui; et l’entrevue ne se passa pas en tendi'es épanchements.
Sobieski fut digne et modeste. L’empereur se montra hautain avec lui, ingrat avec les soldats ; il omit les remerciements, les munitions et les vivres. Il s’était avant tout préoccupé d’étiquette, plus soucieux de ses prérogatives que du salut de Vienne Sobieski se vengea par un mot charmant. « Sire, dit-il avec douceur, je suis bien aise de vous avoir rendu ce petit service. »
En octobre 1848, le prince de Windischgraëtz entoura d’un cercle de fer les fortifications de Vienne.
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La résistance fut (ligne de l'attaque; le courage des insurgés ne fut pas au-dessous de celui des soldats. De part et d’autre l'acharnement fut extrême, mais l’intrépidité des étudiants ne devait pas sauver le prolétariat. Bem, Hauk, Robert Blum et Messenhauser jurèrent en vain de s’ensevelir sous les ruines de la ville; l’armée du prince entra dans Vienne que l’émeute avait ensanglantée.
Avant cet assaut d’octobre, le prince de Windischgraëtz avait tenté toutes les voies de la conciliation et s’était prêté, en mars précédent, aux exigences d’une situation difficile ; alors que la Hongrie réclamait des réformes, alors que la Bohême tentait un soulèvement, alors que Milan appelait Turin et que Venise préparait sa défense.
L’armement des écoles, la dévastation des faubourgs, le pillage des magasins, l’incendie des fabriques, tous les désordres d’une insurrection étonnée de son succès avaient précipité le départ du prince de Metternich, amené l’empereur à sa proclamation du 14 mars, à la liberté de la presse, à la création de la garde nationale.
Windischgraëtz charge de la périlleuse mission de rétablir l’ordre et d’étouffer le feu qui couvait sous la cendre, s’en acquitta avec fermeté et donna quelques journées paisibles. Ferdinand parcourutles rues de Vienne; il y recueillit avec l’impératrice, dans une promenade triomphale, les fiévreüx témoignages de la joie populaire.
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Mais en toute révolution cette heure est passagère, les jours d’allégresse ont un lendemain.
Les concessions amenèrent les exigences ; la rue, après un premier succès, en voulut un second ; les nuages s’amoncelèrent ; la famille impériale gagna Inspruck pour ne revenir qu’au commencement d’août, acclamée avec ivresse.
Au mois de juin, avant le retour d’Inspruck, le soulèvement de Prague avait appelé le prince de Windischgraëtz ; son caractère résolu ne s’y était pas démenti. Les barricades résistèrent, les sommations furent inutiles ; Prague fut bombardée et se rendit. Mais cette victoire, Windischgraëtz la paya de son bonheur. La princesse, qu’il venait de quitter, fut atteinte d’une balle dans son salon. Le prince ne retrouva qu’un cadavre, le couvrit de baisers, l’enveloppa d'un regard qui livrait son âme et retourna à son devoir, taché du sang de sa femme.
En octobre, au siège de Vienne, une répression terrible a été reprochée à celui que l’on appela le sicaire de la réaction.
Sans chercher aucunement à défendre ia conduite du libérateur de Vienne, il faut faire la part des circonstances qui la déterminèrent et ne pas perdre de vue l’exaspération d’une armée attirée aux pieds des murs de Vienne par -une députation municipale et mitraillée sous ce drapeau menteur. On rappelle volontiers les chefs de l’insurrection fusillés par un ,
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conseil de guerre ; mais on glisse sur les soldats mutilés par le peuple.
Chamfort disait très joliment à propos des marquis qu’on pendait aux réverbérés, que les révolutions ne peuvent se faire à l’eau de rose ; mais l’eau de rose n’a pas davantage la vertu d'étouffer l’anarchie ; les violences de la réaction sont souvent provoquées par les emportements de l’émeute.
Et puis, l’armée du prince de Windischgraëtz brûlait de venger le comte Latour, ministre de la guerre, déchiqueté par la foule et traîné dans les rues.
Le comte Latour valait mieux que le ministère dont il faisait partie ; ministère que son origine condamnait à l’inaction.
Un envoi de troupes en Hongrie, pour soutenir Jellachich, fit éclater la tempête dont Latour fut la victime. Le bataillon désigné pour le départ se mutina près de la gare; la foule s’interposa, les barricades se dressèrent ; le sang coula jusque dans Saini- Etienne.
Le ministère hésita. Au lieu de proclamer l’état de siège, il obtint de Latour le rappel des troupes C’était désigner le ministre de la guerre aux colères de la rue.
La populace accourut au ministère, réclama le comte, le fouetta avec la corde qui devait le pendre, le souffleta, lui cracha à la joue, le frappa à coups de marteaux, lui tint la baïonnette dans les reins, lui
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déchira les chairs avec des faux, fit enfin de son corps une écumoire. Aucune de ses blessures ne fut mortelle; la main convulsive du général cherchait encore à parer les coups. « Tu ne crèveras donc pas?... » hurla une femme; et elle l’acheva du talon.
Dans les rues, le combat se poursuivit sous un ciel étoilé ; une nuit magnifique enveloppa des monceaux de cadavres. La troupe capitula.
L’empereur comprit qu’il n’y avait plus rien à attendre de la confiance populaire emportée par le vent de l’émeute , et que Vienne travaillée par les clubs ne lui appartenait plus. Il quitta Schonbrunn une seconde fois, gagna Olmütz, et y attendit que Windischgraëtz lui rendît sa capitale, hérissée de barricades sous les ordres de Bem.
On sait comment le prince accomplit cette mission ; et quels que puissent être les jugements portés sur lui, l’histoire redira son courage et sa fidélité.
A notre arrivée, en mars 1862, le nom de Windischgraëtz était dans toutes les bouches; le vainqueur de Prague venait de s’endormir de son dernier sommeil. Vienne lui préparait de pompeuses funérailles. La foule envahissait les rues voisines de sa demeure ; la force publique avait peine à contenir le flot qui venait s’apaiser au pied de ce cercueil et onduler doucement autour de cette dépouille.
La haute stature du défunt, sa pâle et noble figure disaient le passé et le caractère du prince. C’était le type du grand seigneur allemand, distingué dans sa roideur, bon dans son orgueil, opiniâtre et chevaleresque. Un extérieur froid, une physionomie hautaine s’alliaient chez lui à une parole loyale, à un cœur généreux. Son âme de soldat dédaignait le péril, ne comprenait avec le devoir aucun accommodement, n’admettait que l’épée pour traiter avec les rebelles.
Son départ de ce inonde ne se fit pas sans bruit ; ses obsèques furent splendides.
Les archiducs et les cloches, le tambour et le canon, les fanfares militaires, les décharges de mousquetcrie ne laissaient point ignorer ce dont il s’agissait.
Le cortège fut immense, le défilé interminable. Le fils du prince suivait le char funèbre, qu'accompagnaient, en outre des députations de tous les coips d’armée et des envoyés militaires de la plupart des cours, le cheval et la maison du défunt. Toutes les ambassades étaient en l’air j leurs cuisiniers aussi. Ces messieurs, réunis dans notre voisinage, chcichaient à sc distraire par leurs propos de la cohue et de la poussière ; ils disaient comme cela que c’était se donner bien du mouvement pour un homme qui ne les valait pas, et qui, après tout, n’était qu’un dur à cuire.
Les remparts qui condamnaient Vienne à sou
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étroite enceinte ont refoulé son ambition, l'ont comme enveloppée d'une ceinture de granit. Le terrain fit défaut ; et comme l’air coûtait moins que le sol, les constructions prirent en hauteur ce qui leur était refusé en largeur. Les maisons, gagnant l’espace, tendirent vers le ciel comme pour se rattraper des mesquineries de la terre. 11 y a des maisons de cinq, de six et même de sept étages qui abritent toute une population, qui sont vastes comme des hameaux, se compliquent de cours, de ruelles et de passages avantageux pour ceux qui les connaissent.
On se dit de temps en temps que ces habitations monumentales pourraient bien vous tomber sur la tête. C’est à tort ; et s’il y avait des trottoirs, on pourrait en toute sécurité risquer un œil sur ces hautes fourmilières ; mais une pente glissante sépare seule le piéton du pavé brillant qu’encombre une circulation comprimée par l’étroitesse des rues. Ces rues irrégulières et affairées, qui s’ouvrent au hasard, tournent on ne sait pourquoi, finissent on ne sait comment, rendent la flânerie très-difficile et font de la promenade dans Vienne une préoccupation. Les accidents, toutefois, y sont plus rares qu’aillcurs ; mais on se défend mal de certaines appréhensions, au contact de ce tumulte de voitures qui vous glissent sous les pieds et menacent à chaque instant de vous grimper sur le dos.
Quaut à contempler d’un œil tranquille les poteries fines, les peintures sur verre, les cristaux de
Bohême, les porcelaines, les armes, les bronzes, les maroquineries, les articles Klein qui brillent aux devantures et sont la réputation de l’industrie viennoise, il n’y faut point songer. On le pourrait cependant, et sans péril aucun , tant les cochers sont adroits, tant les services publics sont bien organisés ; mais on ne le fait pas, car on reste convaincu que cette animation gâte la sécurité et que cette surabondance de vie vous met en danger de mort.
Encore s’il ne s’agissait que de coursiers hongrois, d’attelages à quatre chevaux, de carrosses armoriés, de berlines suffisamment pourvues de valets chamarrés et de cochers en perruque; on grognerait un peu d’avoir à se ranger, mais on se rangerait, et il y aurait à voir. Point. Ces grands de la terre autrichienne qui possèdent dans d’étroites ruelles des palais chargés de nobles emblèmes et munis de portiers qui, au besoin, pourraient tenir lieu de livre de blason ; ces seigneurs opulents qui sont d’avant 89, qui n’ouvrent leurs salons qu’aux titr«s et qui appartiennent à l’une des aristocraties les plus anciennes et les plus orgueilleuses de l’Europe, ont dans les rues de Vienne des allures assez paisibles.
Passe encore pour ces omnibus maniérés et fantastiques qui visent à la berline, tournent à la diligence et finalement sont si laids qu'on s’amuse à les regarder.
Mais les enragés de ia circulation viennoise, ce sont les cochers de fiacre, insolents comme leurs
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prix, désordonnés comme leurs tarifs, adroits comme des chats et rapides comme l’éclair.
L atmosphère, à Vienne, n’est pas moins mouvementée que la rue; la nature y mêle souvent au vacarme humain la surprise de ses coups de vent, violents et chargés de sable, qui s’élèvent d’une plaine sans abri, accourent et tourbillonnent. Le front se serre, les yeux sont aveuglés, la température change avec une brusquerie d’allures féconde en toutes sortes de fièvres, riche en rhumatismes, catarrhes et points de côté.
Les places n’offrent guère plus d’abris que les rues contre les entreprises des fiacres. Elles sont microscopiques, ouvertes sans motif; et ce n’est point avancer une chose neuve et hardie que de dire qu’elles ne sont pas plus larges que des rues ordinaires.
Ces places se prennent au sérieux pourtant, s’enorgueillissent de splendides réverbères , s’ornent de brillants magasins et de cafés très-suivis.
Le //o/’, qui aspire à la grandeur, a des fontaines et une colonne pieuse. Le Hohe-Markt se réjouit d’une copie libre du baldaquin de Saint-Pierre. Le Grnben a des fontaines aussi, et de plus une construction rococo, assez drôlement laide, composée de nuages, d’amours bouffis et d’anges qui laissent à désirer par le côté céleste. On les considère toutetois, attendu que Vienne, qui a tant d’animation, manque de monuments.
Après Munich, on se donne, du reste, le tort de ne pas le regretter.
Les marchés qui se tiennent sur plusieurs de ces places témoignent par leur abondance comme par leur variété que ces Viennois aux yeux bleus, aux manières aisées, à la parole facile, à la physionomie douce, à l’air content, n'aiment pas la danse et la musique seulement. Leur table, comme celle des restaurants et des hôtels, a des droits à l’estime ; la science du plat doux, eu particulier, a atteint chez eux des hauteurs vertigineuses : telle maîtresse de maison se vantera, sans que cela ait rien de paradoxal, de pouvoir varier l'entremets pour chaque jour de l’année.
Dans la capitale de l’Autriche, la table d’hôte n’est pas habituelle; mais les restaurants sont bons, tous les hôtels donnent à la carte. Les mets, décomposition parfaite, sont de noms compliqués ; il y en a qu’on ne prononce pas sans angoisse et qu’on ne retiendra poiut. Le café au lait a des désignation? savantes et des épithètes imprévues, suivant que le consommateur réclame plus de café que de lait ou plus de lait que de café; une fois que ces nuances ont été réfléchies, la tasse devient une verkherte , une me tanche , et même un kapuzincr.
Ce qui est plus sérieusement compliqué quele café au lait, c’est le change, variable, mobile et capricieux.
A Vienne, cela est tolérable ; le taux officiel de
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l’or est accepté, le cours du jour préside aux affaires, la concurrence force la soumission. Mais hors des centres, dans les localités perdues, sur les bateaux à vapeur, le change est un piège et le papier une illusion. A Vienne la rareté du numéraire donne de la valeur à l’or apporté de chez; soi. Pour ceux qui ont eu la précaution d’en prendre, c’est chaque jour un bénéfice à faire, car le florin argent n’est guère visible, et le florin papier l’est beaucoup trop. Chacun coupe ce dernier, le déchire et le fractionne. On achète pour cinq kreutzers avec une banknote ; on fait de mesquines aumônes avec un billet de banque; et ces chiffons qui ne sortent, en Suisse, que de portefeuilles considérés, courent en Autriche dans les poches des mendiants.