‹ Un phénomène palpébral constant dans la paralysie faciale périphériqueChapitre 10 sur 14 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Paralysie faciale gauche.

AI.., Raoul,2r ans, instituteur, vient le 5 février 1904, à la

consultation de la Clinique Charcot. Il présente une paralysie.

faciale datant de la veille où 1l s’est aperçu-au réveil qu'il ne pouvait plus fermer l'œil gauche. Il n’accuse aucun trouble du goût ni de l’ouïe et offre la déviation caractéristique des traits et de la langue vers la droite et en plus une légère difficulté dans la déglutition.

L'examen électrique montre qu'il n'existe aucune modification quantitative ni qualitative de l’excitabilité galvanique et faradique.

Examen de l'œil. — Les yeux présentent la même ouverture : les paupières sont réunies pendant le sommeil, mais pendant la veille leur occlusion volontaire laisse un écartement de 3 millimètres À gauche, Dans la vision en bas l’écartement est également de 3 millimètres, mais dans l'effort d'occlusion la fente se relève notablement.

Il s’agit ici d'un cas léger. Actuellement après 15 séances d’électrisation continue la paralysie a presque complétement rétrocédé et ne se traduit plus que par un peu de gène de la

parole et d’abaissement de la lèvre inférieure à gauche.

OBSERVATION IIL

Paralysie faciale qauche.

Poul. Jeanne, 32 ans, fleuriste, se plaint les 5 et 6 février 1904 de douleurs névralgiques derrière l'oreille, Le 7 février au matin elle se découvre en se lavant une paralysie faciale qui s’accentue dans la journée et s'accompagne d’élancements douloureux dans l'oreille, Les plis du front sont effacés à gauche,

et au repos la bouche semble normale, mais si l’on fait rire la

malade on voit qu'à gauche les lèvres sont pendantes tandis qu'à droite elles se relèvent fortement découvrant la mâchoire supé-

rieure.

Examen électrique. — Le nerf et les muscles ont perdu leur excitabilité aux secousses faradiques. On trouve de l'hyperexcitabilité galvanique dans l’orbiculaire des paupières, les muscles releveurs du nez, l’orbiculaire deslèvres et de l’hypoexcitabilité dans le frontal. Les contractions sont assez brusques. Pas d'inversion polaire. 3

Examen de l'œil. — L'œil est grandement ouvert à gauche. L'occlusion des yeux volontaire dans la vision horizontale laisse entre les paupières un écartement de 4 millimètres, La cornée fuit sous la paupière supérieure, qui, en s’abaissant, la cache presque complétement.

Dans le regard en bas, la paupière supérieure gauche suit moins exactement le globe oculaire que la droite. Les fentes palpébrales sont très abaissées des deux côtés. Au commandement de fermer les Yeux, on voit nettement à gauche les paupières s'élever en bloc avec le globe oculaire laissant entre elles une fente de 5 millimètres, légèrement supérieure à celle qui les séparait dans le regard extrême en bas.

En maintenant la paupière supérieure gauche abaissée quelques minutes, la fente palpébrale dans effort d’occlusion est plus petite qu'avant cette manœuvre. Il y a donc un certain degré de contracture du releveur.

Dans le sommeil l'œil gauche est complétement clos: il se ferme, ditla malade, petit à petit, mais si elle abaisse sa paupière supérieure avec le doigt pendant cinq minutes elle réussit

à conserver l'œil immédiatement et définitivement clos.

Page 1