LACET
no —
Du côté malade, l'œil est plus grandement ouvert que du côté sain de quelques millimètres et ceci pour deux raisons : d’abord à cause de la traction tonique exercée normalement sur la paupière supérieure par son releveur ; ensuite, et moins secondairement qu’on ne le pense, par l’action des muscles palpébraux de Muller. Ces muscles lisses innervés par le grand sympathique sont situés à la face postérieure du ligament large des paupières et sont formés de fibres verticales qui s’attachent d’un côté au rebord orbitaire, de l'autre respectivement au bord convexe des tarses supérieur etinférieur.
Ce sont des muscles dilatateurs de la fente palpébrale, antagonistes directs de l’orbiculaire des paupières. Leur action est prouvée, en outre, de leur disposition anatomique par ce fait qu’on observe un rétrécissement dela fente palpébrale dans les cas où ils sont paralysés, soit par une lésion du sympathique au cou, soit dans les cas de paralysie radiculaire du plexus brachial. Dans ces cas, les troubles oculopupillaires sont dus à la lésion durameau communiquant du premier nerf dorsal, rameau qui contient les fibres oculaires que le centre ciliospinal de la moelle envoie au grand sympathique.
La paupière supérieure remontée est cachée en partie par le sourcil qui la surplombe. Cette chute du sourcil est due à la paralysie des muscles frontaux et sourciliers.
Quant à la paupière inférieure, elle n'est pas
déplacée sensiblement en hauteur, mais la paralysie
de la portion inférieure de l’orbiculaire lui enlève toute adhérence avec le globe oculaire. Elle se renverse plus ou moins en dehors. L’ectropion est un symptôme très fréquent.
La sécrétion lacrymale peut être normale ou incomplète : nous avons vu plus haut que suivant que le grand nerf pétreux était ou non atteint, la sécrétion lacrymale était ou non entravée.
L’excrétion lacrymale est troublée de son côté par la paralysie du muscle de Horner. Ce petit muscle d’un côté s’insère sur la crête de l’os unguis et de l’autre se bifurque pour se fixer sur la face postérieure des cartilages tarses au niveau des conduits lacrymaux auxquels il fournit un sphincter. Il a pour rôle de maintenir appliqués contre la surface oculaire les points lacrymaux béants et de permettre ainsi aux larmes de passer facilement du lac lacrymal dans les conduits d’excrétion.
Dans la paralysie faciale, par suite de la paralysie de l’orbiculaire inférieur palpébral qui permet à la paupière inférieure de s’ectropier et aussi de la paralysie du muscle de Horner qui éloigne les points lacrymaux de la conjonctive oculaire, les larmes s’accumulent dans le cul-de-sac inférieur et quand elles ont atteint le niveau du bord libre de la paupière inférieure, ne pouvant s’écouler par les points lacrymaux elles tombent sur la joue. L’épiphora n’est pas absolument constante : elle nécessite comme condition première que la sécrétion lacrymale ne soit pas entravée, ce qui se voit quelquefois, bien qu’on observe plus souvent le larmoiement.
= rem
La conjonctivite et la kératite s’observent également dans la paralysie faciale. Elles reconnaissent pour cause l’exposition constante d’une partie de la conjonctive et de la cornée à l’air atmosphérique et en partie le dessèchement de cette partie constamment découverte par l’évaporation. Le clignotement physiologique étale sur le globe oculaire les larmes qui entretiennent l’humidité de la surface oculaire et chasse dans l’angle interne des paupières les poussières qui se déposent constamment sur cette surface humide. Ce rôle protecteur du elignotement étant supprimé dans la paralysie faciale, ainsi que la protection plus directe des paupières pendant le sommeil, on comprend, dans ces conditions, que les conjonctives et la cornée soient sujettes à s’enflammer sous l’action combinée de ces trois facteurs : le froid, la dessiccation de la surface et la stagnation des poussières plus ou moins septiques.
Si la sécrétion de la glande lacrymale est entravée, la sécrétion des nombreuses glandes des culs-de-sac suffit à entretenir l'humidité de la portion de la conjonctive cachée par les paupières. Il est à remarquer que l’inflammation commence toujours par la partie toute inférieure de la cornée qui reste constamment découverte et est ainsi le plus exposée aux inoculations. En général, on observe plutôt du larmoiement, défense réflexe du globe oculaire à tout contact, en particulier à l'influence du froid. Et l’on comprend ainsi que bien que la lagophtalmie dure des mois, l’on n’observe en général qu'un léger degré de con-
jonctivite.