HONTE
Nous avons montré que l'ocelusion volontaire des paupières était impossible dans les paralysies faciales complètes, du moins pendant la veille; mais pendant le sommeil on observe de ce côté quelques modifications. MM. Vaschide et V urpas ont étudié comparativement, dans la veille et le sommeil, les positions relatives des deux paupières du côté de la paralysie faciale, et ils ont vérifié que dans le sommeil l’écartement entre les paupières était beaucoup inférieur à ce qu'il était à l’état de veille dans l’occlusion volontaire de l'œil. Voici comment ils expliquent cette diminution de la fente palpébrale pendant le sommeil par l’action antagoniste du releveur de la paupière supérieure et de l’orbiculaire des paupières : A l'état de veille, l’action de l’orbiculaire des paupières n'arrive pas à provoquer leur occlusion à cause de l’action prédominante du releveur de la paupière supérieure intact,mais pendantle sommeil, l’hypotonicité de ce même releveur devient suffisante pour permettre à l’orbiculaire, sous l'influence de suppléances nerveuses, soit anatomiques, soit foncüonnelles, de provoquer l’occlusion des paupières ou du moins de diminuer notablement l’écartement palpébral.
D'un autre côté M. Bergonié a cité un cas de paralysie faciale où la faradisation du facial du côté sain déterminait à la fois la contraction des muscles du côté sain et des museles du côté paralysé, tandis que l'excitation volontaire ainsi que la faradisation étaient impuissantes de ce même côté paralysé. Il interpré-
tait ce cas, soit par une association fonctionnelle entre les muscles des deux côtés, soit par une participation anatomique au niveau de la ligne médiane des muscles paralysés à l’innervation par le facial du côté sain.
Bien que l’on sache (Friteau. Th. doctorat, Paris 1896) que les nerfs moteurs de l’orbiculaire poursuivent leur trajet jusqu’à la ligne médiane, ce cas constitue une rareté.
S'il existe une association fonctionnelle entre les muscles orbiculaires cette association est détruite dans la paralysie faciale du fait de la paralysie des rameaux palpébraux inférieur etsupérieur du facial.
Pour MM. Berger et LæœwYy, le releveur de la paupière agit sur cette paupière non seulement par sa tonicité, mais souvent par sa contracture. Ils ont montré dans plusieurs cas la coïncidence, chez les malades atteints de paralysie faciale, de la paralysie de l’orbiculaire et de la contracture secondaire du releveur. Chez un malade il suffisait d’abaisser la paupière supérieure et de la maintenir abaissée pendant quelques minutes pour que la malade pût spontanément fermer ensuite complétement l'œil, ce qu’elle ne pouvait faire avant cette manœuvre qui avait pour effet de détruire cette contracture secondaire du releveur. Ce n’est pas là un fait isolé. On verra d’ailleurs dans mon observation II l’histoire d'une malade qui abaissait tous les soirs en se couchant sa paupière supérieure et qui parvenait ainsi à conserver l'œil définitivement clos toute la nuit.