‹ Un Plan de Paix Générale et de Liberté du Commerce au XVIIe SiècleChapitre 14 sur 99 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

a-t-il de voir un petit compagnon pourveu de plusieurs bénéfices qu'il a brigué, couru, troqué, mendié importunément... Il ne luy faut point entretenir des lévriers ny oyseaux de proye. Ce n’est pas son mestier que d’être chasseur ! ».

IV. — C'est ensuite du relèvement de lagriculture qu'est attendu le relèvement de la richesse nationale. Henri IV, pour arrêter les pilleries dues à l'indiscipline des gens de guerre, diminue les garnisons et réorganise l'armée ?. Ce sont là des mesures qu'apprécie hautement Crucé. « C’est le principal fruict de la paix, de régler les déportements des gendarmes... Le premier (remède) est congédier une partie des gens de guerre, et retenir seulement les plus robustes et plus propres * ».

Et Sully donne tous ses soins à l'agriculture qui est, à ses yeux, la source essentielle de la prospérité publique. L'idée d’assécher les « palus », et l’heureux essai effectué en Vendée impressionnent particulièrement Crucé, qui voudrait voir se généraliser ces entreprises : « Il y a... force lieux marescageux, dont on feroit de bonnes terres si les eaux en estotent escoulées..…. : marescages et térres désertes de Languedoc, Provence, et autres cantons de ce Royaume, qui tesmoignent le mauvais mésnage ou la négligence des François y,

Mais Crucé est plus proche d' Henri IV qui veut perfectionner, de concert, l’industrie, le commerce et l’agriculture, que ‘de Sully qui déclare avec quelque exclusivisme-: « Labourage et pâturage sont les deux mamelles qui alimentent la France »ÿ. « Le labourage nourrit un estat, écrit Crucé, le trafic l'aggrandit 6». Êt les « « mestiers méchaniques » qui «ne cèdent guères en in-

(1) Le N. C., p. 149:

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} Bernard, Hisloire de l'Europe el particulièrement de la France de

1270 à 1610. Lyon, E. Vitte, 1898, p. 419.

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vention ou subtilité aux arts libéraux, en utilité les surpassent 1 ».

V. —— Dans le domaine industriel, Henri IV accroît les anciennes productions, celle des toiles de Rouen; par exemple ; il en sugoère de nouvelles, telles les soieries lyonnaises. Son activité dépasse la stricte utilité : il a le souci d’embellir ses villes. Les bienfaits divers de ces vastes entreprises n'échappent pas à Crucé, qui réunit, pour leur témoigner une égale sympathie « l’architecture, la peinture, l’orfévrerie, l'horlogerie, l’ouvrage des soyes, des toiles et autres arts ?.. »

C'est dans l'espoir d’un plus large et d'un meilleur rendement que l'ordonnance de 1597 apporte dans les métiers, érigés en «corps », la réglementation et le contrôle. Crucé approuve le principe ; il en propose seulement une application originale : «Il seroit bon pour encourager les artisans de leur proposer récompense et d’establir en toutes les villes un officier qui recevroit les noms de ceux qui excelleroient en quelque art, afin de les appointer suivant leur capacité, laquelle ils feroient veoir en présence des maistres ouvriers 5 ».

NL L'expansion commerciale est un dernier sujet de préoccupations. Henri IV veut la grandeur de notre commerce na tional, mais il veut auparavant sa défense, et celle-ci lui conseille deux politiques parallèles et opposées : protection douanière à l'égard des produits industriels #; libre circulation, intérieure et extérieure, des denrées agricoles 5. Cette distinction n’est-pas admise par Crucé : son libre-échange absolu, est, nous le verrons f, un des traits capitaux de sa doctrine. Parlant

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(3) Le N. C., p. 42-43.

(4) Ordonnance de 1509. (5) Ordonnance de 16o1.

(6) V. Infra, 2° partie, ch. 1.

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