‹ Un Plan de Paix Générale et de Liberté du Commerce au XVIIe SiècleChapitre 42 sur 99 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

l’époque a déjà ouvert très larges au contraire les voies d’expansion commerciale. Et il possède aussi une ampleur morale, car, naturellement, il contribue à l’établissement de ces liens qui rapprochent les hommes et qui les pacifient. L'esprit, à la fois, positif et idéaliste de Crucé devait nécessairement aimer cette cause et la servir.

II. — Les autres sources productrices de richesse vont retrouver Crucé aussi concis qu'il la été en matière agricole. « Que si quelqu'un ne se sent propre ou s’il n’est enclin à la négotiation, il y.a d’autres mestiers qui conviennent au menu peuple! ». Ce sont, tout d’abord, les « arts méchaniques », c’est à-dire l’industrie. Il ne faut pas les dédaigner : « Un homme prudent ne mesprise jamais une chose dont il ne se peut passer ? ». Il convient au contraire de les encourager; en l'absence d'artisans, un état ne peut subsister ; il perd sa forme; il languit, au lieu de prospérer*. La meilleure organisation industrielle est fournie par l’association, paï les « confrairies 5 » ; et le Prince devrait, pour les stimuler, « appointer » les meilleurs ouvriers. Car « ce qui les encourageroit le plus ce seroit de veoir le soing que le magistrat auroit de leur profession, attendu qu’il n’ya rien qui excite plus la vertu ou l’industrie que la récompense donnée par authorité publique 5 ». Et Crucé, toujours confiant dans un avenir meilleur, imagine déjà l’âge d’or qu'amèneraient ces réformes. « On verroit alors une belle contention entre les hommes de mesme qualité: chacun s’eflorceroit à surpasser son compagnon, pour remporter le bruict et l'attestation d’avoir bien faict en son mestier 7 ».

MELEN CID. 42:

(2) Le.N. C.,ep. 45.

GLEN CE pe45:

(4) Le NC, p. 140-141.

(5) Le. C., p.45:

(6) Le N. Ce, p. 43:

(7) LeeNaC.;"p:43;

Mais le devoir du Prince n’est pas seulement d’aider ceux qui travaillent ; il est surtout de contraindre chacun à travailler!. Il convient, d’ailleurs, que cette obligation ne s'exerce qu'avec une certaine souplesse, dont les raisons méritent d’être rapportées : « Je ne puis approuver la coustume des Ægyptiens et Lacédémoniens, qui vouloient que les enfans fussent d’un mesme métier que leur père, tellement que le fils d’un cuisinier estoit cuisinier. Il vaut bien mieux laisser ceste eslection libre aux jeunes hommes, afin qu’ils s’adonnent à un exercice où leur naturel et capacité les portera, soubs le bon plaisir toutesfois du Prince, duquel ils doivent être authorisez pour exercer quelque vacation. Car si tous vouloient estre d’une condition, le public y seroit notablement interessé. Occasion pourquoy il est besoing d’apporter un règlement en cecy, afin qu’en une ville il se trouve toute sorte d’estats suffisamment, et que les uns ne se multiplient excessivement au préjudice de la République ?».

IV. — Enfin, après l’industrie, prennent encore place les sciences et les arts. « Les hommes qualifiez ou pour la noblesse de leur race ou pour la subtilité de leur esprit, devroient plustost s'occuper aux sciences, et surtout à celles qui regardent lutilité -de la vie’ ». Et aux yeux de Crucé, il n’y en a que deux qui s'imposent par € l’estenduë de leur object,.… la grandeur de leur pratique, .… la certitude de leurs démonstrations"... », ce sont la médecine et les mathématiques *. Le reste sert de « grand ornement », mais est peu utile : « La Théologie surpasse notre capacité. La Dialectique n’est que servante et portière des autres. La Physique est une cognoissance de nature, qui dépend de l’expé-

(1) Le N. C:, p. 188.

(2) Le N. C., p. 188-189.

(3) Le N.C., p. 46.

(4) Le NEC; p.46:

(5) Le N. C., p. 46.

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