NÉ RU D
(ASP Ep 4022
(5) Op. cit.
(6) Quelques projets d'arbitrage internalional et de paix perpéluelle aux XVII: et XVIII siècles. Rev. d'histoire diplomatique, 1902, p. 351-367.
(7e Loccrit.,1p1393°
(8) Rev. d’hist. diplomal., 1911, p. 67. On peut constater également que les notes sur la Thébaïde de Stace sont dédiées à Guillaume Ribier, président au Présidial de Blois et que Bodin, dont Crucé s’est largement inspiré, comme nous le verrons (/nfra, 1" partie, ch. 11), est venu à Blois où il fut députe du tiers-état aux Etats-généraux de 1576. Mais, d’autre part, Bernier dans son {lisloire de Blois (A Paris, chez Fr. Muguet MDCLXXXII) ne cite le nom d'aucun Crucé. |
Remarquons, d’une façon générale, que nous ne trouvons dans la vie des pérsonnages auxquels Crucé a dédié certains de ses ouvrages — Henri Godefroy, Guillaume Ribier, Henri Le Clerc du Tremblay — aucune indication le concernant,
(9) V. supra, p. 7.
tout à la fois, des origines familiales d'Eméric Crucé, et de ses origines locales.
Cette conjecture n'est pas dépourvue de force, encore que Crucé, nous le savons, se dise lui-même Parisien !. Peut-être, si moderne par tant de ses opinions, le fut-il aussi par quelques-uns de ses travers, et crut-il au plus grand prestige qu’auraient ses idées, si elles étaient celles d’un auteur originaire de la Cité. Mais, au surplus, il est fort probable que Crucé habita la capitale, qu'il y composa ses ouvrages, de même qu'il les y publia; il pouvait donc, sans mentir, se rallier à cette catégorie, accueillante et si moderne aussi, des parisiens qui, d’ailleurs, ne sont pas de Paris.
Ce qui nous parait plus intéressant, c’est la confirmation de la mort de Crucé en 1648, et le récit des circonstances qui lPaccompagnèrent, fourni par une curieuse note manuscrite, apposée sur le feuillet de garde d’un exemplaire des Nofæ sur Stace?. Nous constatons, écrit M. Vesnitch 3, que Crucé « a été enterré le 6 décembre de cette année, sur son désir, au cimetière près de Cardinalitios*, après avoir souffert d’une maladie de foie, et ordonné l'inscription suivante sur son tombeau » :
Spes christiana quæ dedit nomen mihi, Det nunc salutem : vota jam testor mea; Junge his, viator, si vacat, preces tuas :
Sic sospitet te, vota fortunans tua,
Spes christiana quæ dedit nomen mihi.
Cette épitaphe sibelle, qui est en même temps une si belle prière, est la dernière éclaircie au sein de l'ombre, où se profile, incertaine, la silhouette de Crucé. Et elle est aussi le seul et tardif
(1) V. supra, p. 5.
(2) Bibliothèque nationale, YC, 7360.
(3) Rev. d’hisi. diplomaliq., 1911, p. 66-67.
(4) C’est à dire, selon toute vraisemblance, sous la chapelle attenant au collège fondé, en 1302, rue Saint-Victor, par le cardinal Lemoine qui, luimême y fut inhumé. (V. Nouv. Larousse illustré, t. Il, p. 499 et t. V, p. 633). La rue du Cardinal-Lemoine rappelle aujourd'hui ces souvenirs.
épanchement d’un cœur qui ne s’est pas livré!. Nous ne savons rien de plus de sa vie, de son esprit, de son âme...
Rétrécissons donc davantage encore nos recherches; ouvrons ses ouvrages, et essayons, du moins, d’apercevoir, derrière l’homme insaisissable, ce qui transparaît de l’auteur.