‹ Un Plan de Paix Générale et de Liberté du Commerce au XVIIe SiècleChapitre 53 sur 99 · CHAPITRE II ë IOS · texte numérisé non relu

CHAPITRE II ë IOS

pour loy inviolable ce que seroit ordonné par la pluralité des voix en ladicte assemblée, et de poursuivre par armes ceux qui s’y voudroient opposer ! ». Ainsi, il n’aboutit pas à une vaine affr-

mation de l'issue toujours pacifique des débats. Il édicte une première sanction toute pacifique, mais il conserve subsidiairement

la sanction par les armes, parce que, tout en le déplorant, il sait bien que la force est le dernier argument des hommes. Il s’agit seulement qu’elle soit vraiment le dernier et non le premier. « Ceste compagnie donc... appaiseroit par la voye de douceur, si faire se pouvoît, ou én cas de nécessité par la force? ». Mais, doit-on lui reprocher ses illusions, quand il se hâte d'ajouter : « Qui seroît le Prince si téméraire qui osast desdire la compagnie de tous les monarques du monde ? 3 ». «Il encourroit la disgrâce de tous les autres Princes, qui auroient beau moyen de le faire venir à la raison * ». Et est-ce trop prêter à Crucé d’imaginer quil songeait, par cette allusion, à la coercition pacifique, dont la lutte économique est le type essentiel ?

V. — Tel est le projet. Est-il viable, se demande Crucé ? Oui, si les Princes le veulent ; et leur intérêt même leur commande de le vouloir. « Tant que les souverains feront bande à part... ils tâcheront de s’aggrandir à quelque prix que ce soit° » et la justice de leur cause, ainsi que le montre l’histoire, ne leur garantira pas la victoire dans des guerres toujours incertainesi. Mais chacun étant associé à tous, « n’auroit que faire d’appréhender les rébellions et partialitez, dont il viendroit à bout avec Passistance des autres Souverains, qui luy presteroient un prompt secours, comme ayans tous interest au chastiment des rebelles? ».

EDPEeUNS Ce pE75" CDN TC CP 73:

SLeN>CStpst72:

(4) Le N.C., p. 61.

CELenN EC Sprronr (6) LemN, CC; p;74-78:

(D Le NEC p74:

Peut-être les Princes voudront-ils voir dans cette institution une diminution de leur autorité et de leur indépendance ? Mais non, car on ne fera que les estimer de se soumettre « volontairement à la raison, qui n’est pas « au bout de l’espée ! ». € Il semble qu'un monarque, quel qu’il soit, ne doibt faire difhculté de subir le jugement de tant de Souverains » « dépositaires et ostages de la paix publique ? ».

Faut-il donc supposer alors que « les meschans » empèêcheront la paix? Ils ne le pourront pas quand ils auront contre eux « tous les Princes, assistez des gens de bien, qui ne leur manqueront jamais pour ce subject, et outre, du populas imbecille, qui ne demande pas moins le repos 3 ».

Et il ne faut pas davantage redouter les peuples qui semblent voués à la guerre par leur naturel même, comme « les Turcs et les Tartares ». « Ces peuples portent tant d’obéissance à leurs Princes, que les voyans résolus à la paix, ils ne leur oseront contredire # ».

Crucé s'arrête donc en suppliant les monarques de vouloir la paix, puisqu'il suffit de la vouloir pour qu’elle soit, et puisqu'il suffit qu’elle soit, pour que soit aussi Puniversel bonheur. «Il faut se lasser de mal faire. Remettons l’espée au fourreau. Il n’est pas question d’exercer des inimitiez immortelles. Nous avons excité assez d’orages. Il est temps de donner le calme et la sérénité à ce grand Océan en y jetant l'huile de réconciliation parfaite. Cela depend de vos Majestez, grands monarques: Vous pouvez appaiser tous les troubles du monde, et ranger vos peuples à l’obeïssance des lois de nature et des. vostres. Que demandez-vous d'avantage? La paix vous entretient en grandeur, . en respect et en seureté : au contraire la guerre diminüe toutes

(NN PEEEN AC ÉpGo; £

(2) Le N, Cp" 69-er 72-73.

(3) Le N, C., p. 8081. V. p. 79-80, sa division des hommes « en. trois parts »:« meschans,..., gens de bien... imbecilles. »

(4) Le N. C:, p. 81.

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