‹ Un Plan de Paix Générale et de Liberté du Commerce au XVIIe SiècleChapitre 64 sur 99 · CHAPITRE III I21I · texte numérisé non relu

CHAPITRE III I21I

“en un siècle de telle perfection, le Prince doit d’autant plus estre

soigneux de cognoistre les déportemens des juges et les examiner comme toute autre chose d’importance avec son conseil 1...»

IT. — Cette incidente sur les procès étant close, Crucé revient à la question des subsistances, en la généralisant. Il a parlé de la nécessité de nourrir les pauvres ; il déclare qu'il est non moins essentiel d'assurer, en toute occurrence, le ravitaillement général, en prenant la précaution de faire une « provision publique de grains ». Il ne fait suivre cette exigence, qui doit à ses yeux se défendre d'elle-même, que d'une remarque: « Il n’est pas expédient de donner gratuitement le bled... d'autant que cela causerait une oisiveté au peuple et espuiseroit les finances…Il suffit d’en faire un amas pour le distribuer à juste prix en un temps de stérilité et famine? ».

IV. — Et, par une transition dont on goûtera l’artifice, Crucé atteint à la dernière base de son ordre social : l’organisation de plaisirs licites : « Il faut donc, dit-il, contenter le peuple de ce costé là, veu que sur toutes choses il demande du pain et des jeux, selon le dire du poëte satyrique. Ce qui vient à propos pour nostre sixiesme moyen — (c'est plutôt le septième) — à sçavoir récréation licite, en laquelle il est bon d’entretenir les hommes pour les divertir des mauvaises pensées? ».

En effet, « l’homme estant composé d’âme et de corps, et ces deux substances étant bornées, elles ne peuvent pas supporter un perpétuel travail : partant, il leur faut donner quelque relasche et delectation“ ». Ces distractions seront choisies parmi les plus utiles ou les plus nobles: « les jeux de prix... les combats de lucte, de course..., qui ne diminuent point le patrimoine (et)

(1) Le N.C., p. 164-165.

(2NLerN Cp u175.

(5) Le NC p.u75-176, HIEBENACTIDANTS:

profitent aux corps ! », « les spectacles du théâtre,… les concerts de Poësie et musique. (qui) apportent du contentement à l’esprit? ». Crucé plaide surtout en faveur du théâtre et de la musique, qui réjouissant « la veuë et l’ouye », sont des voluptés vraiment « humaines » et non« brutales à ».

C’est en des pages d’un esprit charmant et d’une délicate ironie qu'il défend le théâtre contre les hypocrites qui disent ne pas vouloir s’y corrompre: « N’est-il pas ridicule de blasmer la comédie et en donner le subject. ? Tandisque (les hommes) feront des meschancetez ou vilenies, il sera besoing de les mettre en évidence, afin que le peuple les évite ou s’en mocque ».

Mais la musique lui tient plus encore à cœur, et l'on attendait presque cette douce passion chez cette nature constamment éprise d’idéal. La musique modère les mœurs sans les amollir ; elle sait « donner plaisir sans scandaleÿ ». « Certainement nos esprits ont une grande inclination à l'harmonie, et goustent sa douceur avec plus d’attention et ravissement que toute autre chose ».

V. — Dans ce domaine de l’organisation politique et sociale, comme dans celui de l’organisation internationale, les idées originales de Crucé se pressent trop nombreuses pour que nous songions à en faire le résumé, en manière de conclusion. Nous devons les retenir toutes, parce que toutes contiennent un minimum de valeur, digne d’être apprécié dans sa plus large portée.

La lecture du Nouveau Cyné nous à fait trouver en lui trois grandes conceptions, issues d’une conviction très sûre, et marquées d’un triple caractère d’ampleur, de modération et de perspicacité qui, s'il n’est pas toujours égal à lui-même, n’en est pas moins

(1 Le N.C., p. 176. — V. aussi, p. 26.

(2) Le N. C., p. 176.

(BOL NC Ep. 758.

(4) Le N. C., p. 177-178.

(Dee NC p.158;

(GLEN Cp 70:

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