‹ Un Plan de Paix Générale et de Liberté du Commerce au XVIIe SiècleChapitre 69 sur 99 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

chaque page. Si, après avoir été précurseur, il fût redevenu disciple, c’est, peut-on supposer, du marquis de Mirabeau qu'il l’eût été.

Plus tard, c’est de l'esprit d’un Cobden et surtout d’un Bastiat!, que son esprit se retrouve proche, et avec une telle continuité qu'il ne semble pas téméraire de voir en lui le premier visionnaire de ce qui devait être la grande école libérale française. Cette similitude mérite particulièrement d’être relevée, à savoir qu'entre la liberté du commerce et la paix universelle, il y a un rapport de connexité étroit et réciproque ?.

Mais, au libre-échange de Crucée était réservée une destinée plus grandiose encore : celle de-passer dans les faits et d’y trouver ses applications.

Dès le xvine siècle, le principe libre-échangiste connaît des réalisations effectives. L’arrèt du 29 décembre 1719 permet la libre importation et la libre exportation du chanvre. L'arrêt du 17 avril 1763 permet celles du bétail. L’arrêt du 2 janvier 1764 et l’édit du 19 juillet de la même année permettent celles du blé. Le traité de 1786 avec l'Angleterre abaisse les droits de douane au taux extrêmement modéré de ro à 12/3. Cest la solution même que proposait Crucé*. |

Ce double mouvement, doctrinal et positif à la fois, s’est développé, à l'époque contemporaine, d’une manière ininterrompue et qu'ilest superflu de rappeler ici. Son aboutissement le plus éclatant est le libre-échange anglais du xix° et du début du xx° sièclesÿ. Pratiqué par pur intérêt, comme l’est en général toute politique économique, il répondait en effet à la situation effective de la Grande-Bretagne au xrx° siècle. Riche de produits indus-

(1) Gide et Rist, Hist. des doctrines économiq.…. op. cit., p.386 et 430. V. aussi, p. 406 et 426.

(2) Balch, L'évolution de l'arbitrage international, Allen, Lane et Scott, Philadelphie, 1908.

(3) V. Vignes, Op. cit,, p. 305.

Page 1