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5) En rapprocher le libre-échange français du second Empire.
triels qu’elle désirait écouler et n’ayant pas à redouter la concurrence étrangère, parce que son régime de grande industrie la mettait dans une situation privilégiée à l'égard des pays manufacturiers, la libre exportation lui était nécessaire. La libre importation ne le lui était pas moins, puisqu'insuffisamment pourvue de denrées alimentaires, il lui fallait s’en procurer à l'étranger, et s’en procurer au meilleur compte. Sur la foi d’un pareil exemple, on peut affirmer que le libre-échange est l'idéal des pays riches !.
De cette histoire, trop rapidement rappelée, se dégage limpression que la pensée de Crucé a préparé et prévu la vaste orientation des théories et des faits économiques vers le libreéchange. La conservation et la transmission de sa doctrine se trouvent donc démontrées ; mais non point l’action intégrale de toute sa doctrine, car — nous l'avons maintes fois remarqué — il y a en lui à côté du créateur d’un système économique particulier, l'observateur non moins clairvoyant de l’ensemble du monde économique.
C'est la somme de ces convictions qui caractérise vraiment Crucé. C’est cette somme, reconstituée chez Smith, qui impose, ainsi que nous l'avons pressenti, une comparaison spéciale entre les deux auteurs, glorieuse pour Crucé, mais méritée par lui.
Nous constaterons, du reste, que quelques vues de détail, et surtout qu’une tendance sociale très particulière à Crucé, doivent maintenir à sa doctrine sa marque très originale. En sorte que, pour embrasser toutes les possibilités contenues dans la théorie économique de Crucé, il faut rapprocher ses principes de la doc-
trine d'Adam Smith, et ses tendances du socialisme d'état. /
(1) Il convient de souligner le mouvement de réaction qui s’'affirmeaujourd’hui dans un certain parti anglais et de remarquer que l’appauvrissement général des nations au lendemain de la guerre de 1914-1918 sera un obstacle au libre-échange, alors que le projet de société des nations semble a priori devoir lui être entièrement favorable. Cf. Le N. C.