‹ Un poète françaisChapitre 12 sur 22 · LE POÈTE DRAMATIQUE · texte numérisé non relu

LE POÈTE DRAMATIQUE

interrompu de gais sourire, comme le Luthier ; un conte de fée à trois personnages, au parfum de vieille France, comme le Trésor; il n'y a jamais, à proprement parler, que des conflits d'âmes : — tentation qu'a la courtisane Silvia, amoureuse de l'adolescent Zanetto, de fouler aux pieds cette « neige », et qu'elle repousse bientôt comme coupable ; — abnégation de Pbilippo, artiste sublime, mais pauvre être contrefait, qui a résolu le sacrifice de sa gloire et de son amour, pour que soit heureuse Giannina, qu'il aime mais qui ne l'aime pas; — combats qui se livrent en Véronique, l'héroïne du Trésor, qui se sentait une tendresse au cœur pour un paysan, mais qui, soudain, le sachant riche, duc et pair, croit ne devoir plus le chérir.

C'est, dans ces trois pièces, la rencontre de deux entités contraires, ou qui accidentellement se contrarient : de l'Impureté et de l'Innocence, de l'Amour en antagonisme avec la Nature et avec l'Argent...

Et c'est aussi, dans ce court chef-d'œuvre si

pathétique : Deux Douleurs, la Faute et le Devoir qui se trouvent face à face ; et cette conjoncture crée une très poignante situation... Nous trouverons cependant trace d'une action dans l'Abandonnée, ce dyptique au saisissant contraste : l'un des tableaux nous offre le souriant mensonge de l'amour entre étudiant et fille du peuple, tandis que l'autre nous en montre les redoutables conséquences : — celui-là, printanier, avec son bal de grisettes qui passent sous les rouges girandoles féeriques et sa tumultueuse bohème; celui-ci, sinistre comme le décor d'hôpital où meurt l'infortunée Louise... Nous la trouverons aussi, cette action, dans le Pater, tableau intime emprunté aux pages les plus sombres et les plus douloureuses de l'histoire d'hier.

Goppée nous montre, dans Deux Douleurs, le Devoir envieux presque de la Faute, et ayant des tentations de mauvaise vengeance; dans Y A bandonnée, la tendresse étouffée par l'égoïsme dans une âme pourtant honnête... C'est ainsi que Julien, en cette dernière pièce, par sottes

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