‹ Un poète françaisChapitre 13 sur 22 · LE POÈTE DRAMATIQUE IC · texte numérisé non relu

LE POÈTE DRAMATIQUE IC

préoccupations d'avenir, abandonne Louise, qui lui a donné la fleur de sa jeunesse et le meilleur de son amour; — c'est ainsi que, dans Deux Douleurs, Berthe, la fiancée du poète mort, ne veut pas d'abord absoudre sa rivale, Renée, la maîtresse; — et que, dans le Pater, la sœur de l'abbé fusillé comme otage par les fédérés, Mlle Rose, blasphème... Mais, après nous avoir mis à nu ces faibles âmes, et nous avoir ainsi fait constater que dans les moins coupables, même dans les plus pures, il y a une tare originelle, Coppée console nos désenchantements et dissipe nos doutes, en affirmant le triomphe du bien sur le mal, dans les âmes vraiment chrétiennes. Ses prêtres disent les seules choses véritables et essentielles; et on trouve un enseignement moral dans son théâtre . Ces courtes œuvres, — on a pu en faire la remarque, par ce que nous venons de dire, — sont plutôt des drames que des comédies. On y sent gémir une âme tendre, douloureuse et idéaliste... Et, si la fantaisie y déploie délicieusement ses ailes bleues, il est rare que le

comique y ait part. On peut même dire qu'il en est généralement absent. Exceptons, si vous le voulez, le Trésor, qui met en scène un plaisant personnage d'abbé de l'ancien régime, grand faiseur de tragédies en vers devant l'Eternel, et le Luthier de Crémone, où, à l'exemple des romantiques, Coppée nous a présenté, en maître Ferrari, une figure épanouie et joyeuse de bon vivant, syndic de sa corporation,

Dont, aux processions, il porte la bannière...

Ce n'est pas, cependant, un type outrancier, comme ce bélître qu'enivre Don César de Bazan dans Ruy Blas, ou comme Annibal de Y Aventurière; malgré son amour de la bouteille, il garde une dignité relative, inconnue des sacripants du répertoire... Et c'est, ici, non du comique intense, mais du sourire.

Si l'idée primordiale de toutes les comédies de François Coppée est l'Amour, ses drames reposent sur une idée non moins générale, mais plus grave : le sentiment de la Patrie.

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