‹ Un poète françaisChapitre 15 sur 22 · LE POÈTE DRAMATIQUE I · texte numérisé non relu

LE POÈTE DRAMATIQUE I

splendeur de l'œuvre, sa magnificence, et les détails qui la rendent belle aussi d'une beauté rétrospective si exacte. Et nous avons dit, dans la première partie de cette étude, l'éclatant succès qu'elle eut au théâtre. Ce qui plut, en outre, au public, ce fut d'y trouver, exprimé en une langue si ferme, dans un cadre si purement reconstitué, ce sentiment éminemment français : l'amour de la Patrie.

Les Jacobites ont été imaginés par Coppée, sur la donnée de la grande scène du troisième acte : un homme, aveugle, maudit la femme qui a fait échouer son plan de restauration. Et cette femme, — il l'ignore, — est sa petite-fille... Coppée chercha longtemps comment il pourrait développer ce thème. Le drame est né seulement de ses lectures, et, entre autres, de la lecture de l'Histoire de Charles-Edouard, d'Amedée Pichot.

Il est parcouru par un grand souffle nationaliste ; il nous apparaît comme l'épopée suprême des clans écossais se levant pour la cause, perdue d'avance, des Stuarts. Les falaises désolées

et sinistres surplombent les grèves, et la mer, au loin, réfléchit le soleil d'automne, qui se couche sans espoir pour l'infortunée Ecosse...

Dans Pour la Couronne, — tragédie, qui est devenue pour un des petits peuples slaves contemporains, le peuple bulgare, traduit dans sa langue, le drame national, — le culte du drapeau est exalté avec un souverain lyrisme, et l'horreur de la trahison inspirée par des apostrophes mortelles. Ici, le Maître a atteint la perfection, par la simplicité des moyens scéniques, la rapidité de l'intrigue, l'éclat poétique de l'expression. Le sujet est de pure invention. A qui Coppée, à la genèse, a-t-il pensé cependant? — A Bazaine! oui, au maréchal félon, sur le point de trahir la France, et ayant un fds officier dans l'armée française.

Pise opprimée par Florence, l'Ecosse sous le joug de la maison de Hanovre, l'Orient chrétien menacé par les Turcs, — ce sont toujours des sujets analogues, et ces trois idées de civisme, de loyalisme, de patriotisme. . .

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