‹ Un poète françaisChapitre 19 sur 22 · COPPÉE PROSATEUR · texte numérisé non relu

COPPÉE PROSATEUR

Riches, une doctrine humanitaire attendrie et plus mille.

« Les Vrais Riches » , écrivions-nous en 1 892 , à la suite d'une visite à la Fraizière où Coppée passait l'été, « sont ceux qui, comme vous, n'est-il pas vrai, cher Maître? ont beaucoup aimé, beaucoup travaillé, sont riches de souvenirs, demeurés souriants malgré leurs anciennes souffrances, et, le labeur achevé, s'en viennent demander le repos à la nature, cette mère consolatrice. Satisfaits de leur pure vie, tout entière dévouée au Bien et au Beau, ils sont heureux quand le regard bleu du ciel qu'ils ont exalté ou le sourire des roses qu'ils ont chéries s'arrête sur eux, reconnaissant. »

Mais nous nous trompions, — fort heureusement, d'ailleurs, — en parlant de repos avec un tel lyrisme de jeune homme. Il n'y a aucune assimilation à établir entre un poète arrivé au terme de sa production la plus active et un chef de division décoré qui prend sa retraite; le poète, lui, ne prend jamais sa retraite; son œuvre n'est jamais « faite », et tant qu'il pense,

tant que ses forces ne le trahissent, il faut qu'il livre le fruit de ses méditations aux autres hommes, vis-à-vis desquels il est intellectuellement et moralement comptable,

C'est ainsi que François Coppée, après avoir écrit les Vrais Riches et tant de contes charmants, après avoir fait une œuvre poétique exemplaire et s'être vu acclamer à la représentation triomphale de Pour la Couronne, s'est retrouvé sur la brèche et qu'il est devenu journaliste, par circonstance. L'ancien feuilletonniste théâtral de la Patrie, qui, souvent, faisait son article en marge de l'actualité dramatique, annonçait le chroniqueur parisien du Journal. Coppée a écrit pour la scène, il connaît à merveille notre littérature dramatique ; ses comptes-rendus de pièces furent toujours consciencieux et diserts. Il ne négligeait pas, cependant, quand l'occasion se présentait, d'entretenir son public d'autres choses que des choses du théâtre, — de lui parler d'art, de littérature, d'histoire, de lui confier ses souvevenirs, de lui conter une anecdote ou de Tinté-

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