‹ Un Poète, Gabriel VicaireChapitre 8 sur 17 · QUATRE-VINGT-NEUF · texte numérisé non relu

QUATRE-VINGT-NEUF

La souplesse du talent de Gabriel Vicaire lui a permis, quand il l'a voulu, de s'élever jusqu'aux sommets altiers de Tode. Son poème Quatre-vingt-neuf, chant séculaire, couronné par le jury de l'Exposition de 18S9, valut à son auteur le premier prix de trois mille francs. L'épigraphe du manuscrit était la suivante : Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

N'y voyez pas d'ironique intention, je vous en supplie, écoutez plutôt les stances suivantes et fort belles qui peuvent donner une idée de la manière du lauréat :

0 vous tous qui pleurez, je suis la douce France J'ai de son lourd sommeil éveillé le destin, Je romps l'antique loi, j'apporte l'espérance, A mon front resplendit l'éloile du matin.

De la nuit du passé comme la fraîche aurore, Dans l'azur glorieux je m'envole en riant. Levez-vous et chantez, vous qui dormez encore, Vovez l'ombre s'enfuir et flamber l'Orient.

J'ai comme le printemps les mains pleines de roses; Je dis comme l'amour le mot qui rajeunit, Ouvrez-vous, tristes cœurs, à la beauté des choses, Oiseaux battus du vent, faites un nouveau nid.

Mais ce chant lyrique est plutôt une exception dans Toeuvre de Gabriel Vicaire et il est vraisemblable qu'il est plus à Taise pour écrire par exemple, V Heure enchantée, ou tel autre de ses poèmes.

L'HEURE ENCHANTEE

UHeiire enchantée restera dans l'œuvre de Gabriel Vicaire comme mie des plus jolies évocations du monde des enchanteurs et des fées.

On a dit à ce propos, et semble-t-il assez justement, que le poète avait suivi l'avis de Musset qui s'écrie quelque part :

Et la preuve, lecteur, la preuve irrécusable

Que ce monde est mauvais, c'est que, pour y rester,

Il a fallu s'en faire un autre et l'inventer.

Le monde fantaisiste que l'imagination du rêveur a suscité c'est celui des sylphes et des lutins.

Le ])octe nous conte d'abord l'aventure d'une fée :

Toute jeune encore De lune coiffée.

Cette accorte divinité par malheur s'est amourachée d'un meunier ; conduite devant Obéron Titania et sa suite, elle n'a pas de peine à confesser son crime. Et elle y met même une certaine coquetterie pleine de grâce. Pour la punir elle redevient une simple mortelle. L'amour de son fiancé remplacera pour elle l'immortalité à laquelle elle renonce sans regret :

Le jupon troussé comme une bergère, Elle vole ainsi qu'un oiseau des bois, Elle apaise tout de sa main légère, Un charme est encor au bout de ses doigts

L'époux qui revient au soir, de l'ouvrage, Les bras fatigués et le pied poudreux S'arrête un instant et reprend courage.

Son cœur bat gaîment, son cœur amoureux.

11 a vu de loin sa mignonne blonde, Douce comme un rêve, au milieu des blés, Bercer, en chantant quelque vieille ronde Un amour d'enfant aux cheveux bouclés.

Et voici une roniancette exquise, Beau page de la reine mise en musique par M. J. Depret. Mais c'était bien inutile. Les vers chantent d'eux-mêmes « avec tant d'àme un air d'autrefois dans la monotonie d'un rythme ancien » (M. Charles Fuster).

Madame a dans les yeux Le bleu de la pervenche Madame a dans les yeux Quelque chose des cieux

Dans le même volume sur un rythme vif et léger d'autres chansons glorifient l'amour. Dans quelques vers qui leur tiennent lieu de préface, le poète célèbre le doux règne du Printemps :

C'est l'heure tendre: éveille-toi bel endormi . Eveille-toi mon cœur, au désir qui t'appelle

Petites pièces délicates, imitées de chansons populaires, elles bercent et consolent nos ennuis moroses.

Marion s'est endormie A l'ombre d'un églantier, Apprends-moi le doux métier, Marion ma belle amie.

— Hi — Vole mon ccvur^ vole au jardin d'amour

s'écrie-t-il encore,

Et tu dormiras Câline, câline Et tu dormiras Câline, en mes bras.

Voici donc des refrains pleins de gaieté et de mélancolie.

Comme pour faire contraste à ces petits poèmes d'une forme vraiment simple et parfaite de même, nous trouvons dans YHeiire enchantée des pièces beaucoup plus développées.

Merlin entre autres, qui est admirable autant pour l'unité de la composition que pour les détails gracieux des tercets.

La terza rima s'y trouve employée avec un art incomparable. Vicaire s'y révèle artiste d'une habileté prestigieuse.

Si d'aventure il en prend à son aise avec la prosodie c'est à dessein, soyez-en persuadés, et c'est afin de nous préparer quelque joli tour de sa façon :

Un ramier bleu sur chaque couple bat des ailes

OU pour produire un effet d'harmonie iniitative.

Il respire les fleurs, il reg-arde le veut Faire danser de folles ombres sur la route.

L'enchanteur revient d'Ecosse, gaillard comme le soleil de France. Il fait la rencontre de Mviane une blonde de quinze ans.

Et jamais un printemps n'eut le teint si vermeil.

Cette fois c'est Merlin qui succombe. L'enchanteur a connu la défaite. Le puissant magicien est vaincu par l'amour et le doux sourire de Viviane.

Ils iront côte à côte, une lueur au front

Et les soleils couchés, quand finira le monde,

Une dernière fois leurs lèvres se joindront.

Je ne plains pas Merlin prisonnier de sa blonde.

Merlin et Viviane éternellement s'aimeront. Telle est la conclusion de ce poème. L'éternité de la divine et voluptueuse ardeur tel est le but de tous ceux qui aiment.

Ce qu'il est impossible de dire ici, par exemple, c'est la magie délicieuse du style, la fraîcheur des images, l'exquise fantaisie de l'inspiration. \'oici quelques rimes d'une grâce achevée :

Merlin riant s'approche et lui jette une rose Lentement la dormeuse enlr'ouvre des yeux doux, Et l'eau n'est pas si fraîche et le ciel est moins rose.

Oh I pourquoi ^^iviane ètes-vous si jolie ?

Quand vous me regardez, qu'avez-vous dans les yeux ?

Il passe sur mon front comme un vent de folie.

Mais ses lèvres encore ont la fraîcheur du thym^

Son visage a gardé sa grâce naturelle,

On ne sait quoi de tendre et de presque enfantin.

L'émotion candide, l'attendrissement pieux que l'on goûte dans le Miracle de saint Nicolas se retrouvent de même dans Marie-Madeleine . On y voit ce que la légende chrétienne peut inspirer à un poète vraiment créateur. Citons quelques vers :

Son visage fardé luisait insolemment.

Elle portait au front la tiare étrangère,

Les jeunes seins pointaient sous la robe légère

Comme un fruit d'or promis aux lèvres de l'amant.

Mais Jésus d'un regard aussitôt les fait taire, Il dit l'enchantement du royaume des cieux, Sa voix est pénétrante et pure et dans ses yeux S'alanguit doucement une fleur de mystère.

Tristesse de la Vierge est conçue dans un sentiment de piété douce et ingénue.

La vierge qui s'inquiète Se penche et son cœur aimant Entend la plainte que jette Le monde éternellement.

Elle se voit quasi morte De lassitude et d'effroi.

Chacun lui ferme sa porte, Son petit Jésus a froid.

Et celle dont la parole Eblouit le firmament Sur la terre, hélas si folle.

Pleure, pleure amèrement.

Isoline est un conte dramatique. Un gentil bachelier enlève l'épouse d'un vieux noble qui parvient à joindre les fugitifs et les fait supplicier. Isoline meurt sans se repentir. Le baron son mari est navré de son acte brutal. Et c'est encore un plaidoyer en faveur de la divine langueur, du doux émoi qui s'appelle amour. Ecoutez cette radieuse évocation :

C'est Isoline, c'est la pâle enchanteresse

Dont les doig^ts alIong:és portent le faucon blanc,

A ses pieds est couché le maître étincelant.

Il écoute chanter le cœur de sa maîtresse.

Il regarde en riant voler ses cheveux blonds, Trembler ses jeunes seins qu'emperle la rosée Et d'un reflet d'amour tout emparadisée L'île heureuse s'éveille au son des violons.

Au bercail est rentré le troupeau des étoiles,

Le soleil qui se lève illumine les eaux,

Comme une lande rose où passe un vol d'oiseaux.

La mer,- en ce moment s'est couverte de voiles.

Dans les Sauvageons, le poète nous narre riiistoire de trois vieilles fées qui ont vu leur pouvoir tomber dans la tristesse et qui regrettent les temps anciens où

Le ciel leur souriait comme un père indulgent.

Les Rois Mages, Clair de Zîz/ie montrent à des titres différents la souplesse de la fantaisie chez le poète. Il sait rajeunir à merveille les légendes chrétiennes et les contes païens.

La pièce qui termine le volume, Jeunesse, est une de celles qui sont le plus souvent citées dans l'œuvre de Vicaire. Ce poème est en effet d'un lyrisme surprenant en vérité. Il chante d'une exquise façon le doux charme de la jeunesse, charme inexprimable et immortel comme l'amour.

En voici la fin iiarmoniense et mélancolique. Je crois bien que Mcaire n'a rien fait de mieux :

Oiseau bleu, bel oiseau qui fuis à tire d'ailes. Que ne peux-tu venir, ne fut-ce qu'un instant, Consoler notre toit comme les hirondelles.

Rien ne t'arrête hélas ! Idéal inconstant,

A peine voyons-nous ton ombre, ô Poésie,

Que vers d'autres soleils tu t'en vas en chantant.

Princesse du caprice et de fantaisie, Echanson de la joie, à de meilleurs que nous Porte la coupe rose où mousse l'ambroisie.

Mais qu'une fois encor, je tombe à tes genoux. Comme l'amant qui pleure au nom de sa maîtresse, Et dont le triste amour ne fait pas de jaloux.

Permets qu'à travers bois, ô nymphe chasseresse, Je suive de bien loin le chœur de tes élus, Laisse-moi te bénir du fond de ma détresse.

Jeunesse aux cheveux blonds qui ne me connais plus î

Telle est très imparfaitement indiquée l'analyse de cette œuvre, qui selon d'aucuns est l'œuvre la plus charmante du poète. En tous cas, il est certain, à notre avis, que jamais poète n'a mieux célébré l'heure divine où chacun chante l'éphémère chanson d'amour.

A LA BOXXE FRANQUETTE

Après avoir parcouru les sentiers mystiques du rêve, la muse de Gabriel Vicaire est revenue de son voyage au pays bleu. Elle va d'ailleurs où la conduit sa fantaisie. Ce n'est plus au bois charmant où les lutins et les gnomes prennent leurs ébats au moment, où d'un vol léger, passe sous sa robe mauve l'Heure enchantée. La petite muse veut de nouveau se rendre au pays de gaillardise. Elle est folle comme l'herbe des prés, mais elle est aussi sensuelle.

Et voici pourquoi je veux vous parler maintenant d'Ala bonne franquette j qui est l'œuvre d'un rabelaisien et parfois encore d'un petit amoureux.

Le titre enseigne assez que l'auteur est un des fervents de cette Ecole de la simplicité à

laquelle appartiennent Maurice Bouchor, Raoul Gineste, Alexandre Piédagnel, Emile Blémont, Ouellien, Charles Le Goffic et quelques autres. La simplicité de Mcaire est exquise car elle est le fruit d'une maîtrise rare et d'un art parfait. Mais ce qui rend ce dernier volume de poésies plus charmant encore que ses aînés, c'est je crois, l'entière sincérité du poète. L'homme se révèle à nous, avec ses préférences et son mépris du qu'endira-t-on. Nous y saluons aussi une belle humeur que rien n'altère. Car à l'encontre de ces rimeurs désabusés qui trouvent à tout le goût de la cendre, Vicaire a l'àme d'un optimiste et une perpétuelle chanson gazouille en son cœur. Bon vivant, il s'écrie : Vive l'intempérance ! Cette note plus terre à terre en quelque sorte, double l'agrément et fait la nouveauté d'^ la bonne franquette. Foin des psychologues ennuyeux qui perdent leur temps à cultiver leur Moi, foin des rêveurs subtils et obscurs à la recherche d'une pierre philosophale impossible, voici le bon poète au rire franc et sonore qui proclame, suivant le mot de Rabelais, que le « rire est le propre de l'homme ».

Qui ne serait de son avis, serait converti incontinent à la lecture de cet ouvrage où

j3étille la saine gaîté. où revit le bon sens précieux de nos pères. Et n'allez point croire qu'il s'y trouve des airs surannés. Vicaire qui a rajeuni tant d'anciennes légendes, entre autres le Miracle de saint Nicolas, qui a traduit en un langage frais et parfumé, nos vieilles chansons populaires, sait à merveille approprier aux exigences modernes le fonds de sentiments et d'idées qui sont notre patrimoine national, Rutebœuf, Villon, Marot, Régnier, La Fontaine, voilà, semble-t-il, ses ancêtres. On voit qu'il a de qui tenir. A qui en douterait, je conseille fort de lire ]^isite après boire, une des pièces les plus révélatrices à cet égard. Le poète évoque la muse gauloise.

Que nos vieux pères aimaient tant La Muse qui laisse en chantant Tomber des roses dans, son verre....

Cette Muse toujours jeune s'en vient dire son fait à notre siècle névrosé. Elle raille la tristesse béte de nos contemporains et se prend à regretter l'époque heureuse où les Français aimaient encore marauder dans le jardin de Roger Rontemps.

Et de même que nos vieux auteurs, Vicaire

rime des ballades. Il y met sa verve malicieuse, sa fantaisie ailée, sa science délicate. Entre les vingt-cinq ballades dédiées à François Coppée je serais bien embarrassé de choisir. Aucune qui n'ait son charme propre. C'est que le poète a renouvelé le genre en se servant d'un rythme alerte et souple qui lui permet de noter avec le plus heureux succès ses impressions joyeuses ou ironiques.

Vicaire — c'est un des traits distinctifs de son robuste talent — a un sens profond de l'harmonie prosodique et combine avec une habileté étonnante la forme et le fonds de son sujet.

Lisez Rosette en Paradis^ et dites-moi s'il est possible de mieux fondre ensemble la pensée et les vers. Rien de plus plaisant que les mésaventures de Rosette avec le concierge du Paradis, saint Pierre, que la cruelle enfant traite de pipelet.

Voyez comme le rythme se fait l'auxiliaire de l'idée :

A peine il entend ce mot malsonnant Tout le Paradis sort en bourdonnant,

Gomme autour des treilles,

Un essaim d'abeilles

^"oici saint ^Maurice en soldat romain; Le grand saint Joseph, un lis à la main,

Sainte Perpétue,

Tout de blanc vêtue.

Enfin, sainte Ursule et monsieur Renan.

Et derrière vont, trottant, trottinant.

Onze mille vierges

Qui portent des cierges.

Et Rosette se moque de toutes ces faces mornes. Voici un nouveau rythme ;

La bonne folie !

Habitants des cieux, ^^oyez donc mes yeux ; Je suis très jolie.

Elle se plaint de la vie monotone que l'on mène au Paradis :

Toujours du plain-chant.

Du soir à l'aurore. . .

Du latin encore, Ce n'est pas méchant.

Bast ! Laissez-moi dire.

Brebis du bon Dieu ; Attendez un peu, Vous allez bien rire.

Yvette a son prix, Paulus est fort tendre.

Je veux vous apprendre Les airs de Paris.

Et le Père Eternel calme la l\jreur du Paradis contre " Rosette, qui a déclaré vouloir chanter « un tas de chansons folles, folles, folles ».

Il dit : Mes chers amis, cette enfant vient de

I^France. Yous n'y comprenez rien, je n'en suis pas surpris. Nous n'avons pas ici g^rand monde de Paris. Mais quoi ! le cœur est bon si la tète est lég-ère ; Saint Pierre, en ton bercail, reçois cette bergère ; Elle a l'éclat de rire et le parler joyeux. Pierre, pour cette fois, nous fermerons les yeux

Puisque nous parlons de Roseite en Paradis, laissez-moi vous raconter ce qu'il advint à Jules Truffier, l'excellent sociétaire de la Comédie-Française qui déclama, un soir, l'histoire en question. La chose est plaisante et même drolatique. Jugez-en vous-même.

C'est Truffier qui vous parle :

« C'était à la salle Duprez. J'avais été prié de dire quelques morceaux de poésie et tout de suite l'idée m'était venue de réciter Rosette

en Paradis que venait de terminer mon ami Vicaire. Devant un auditoire des plus choisis l'on me fit fête et tout allait pour le mieux, jusqu'au moment où j'arrivai à un passage un peu risqué, modifié depuis dans l'édition officielle.

«Estomaqué tout d'abord par l'accueil subitement glacial de l'assistance, jefîsnéanmoins bonne contenance. Cependant malgré les cris, les trépignements, les hurlements et les bordées de sifllets,je continuai jusqu'au bout, l'effroi dans l'àme et pâle comme un mort. J'avais assez le respect du public pour ne pas croire qu'il se fut trompé aussi grossièrement sur la portée d'une pièce aussi délicieuse que Roseîle. Et j'avais de même conscience de ne pas lui avoir répété un poème tendancieux. Bref, tant bien que mal se termina l'aventure et les spectateurs me firent entendre qu'ils désiraient autre chose.

« Mais le plus extraordinaire dans tout cela, c'est qu'au moment où je sortais de la salle, un Monsieur, très officier de la Légion d'honneur et accompagné de deux dames fort élégantes m'aborda et à brùle-pourpointme dit :

« — Comment, monsieur Truffier, vous si « délicat dans le choix des pièces que vous « dites avec tant de finesse et de goût, pouvez- « vous pousser la plaisanterie dans le blas-

« phèmc jusqu'à signer Vicaire un poème « contre la religion !! »

« Je protestai, littéralement abasourdi:

« — Mais monsieur, permettez-moi de vous « faire remarquer que Rosette en Paradis est « l'œuvre du poète Gabriel Vicaire. »

« Et mon interlocuteur d'ajouter en souriant avec malice :

« — Oh, très joli, très joli ! N'insistez point, « je vous prie monsieur Truffier, n'insistez « point, vous êtes vraiment trop spirituel. »

Je ne saurais oublier non plus le fabliau : Marguerite des Bois, d'une poésie plus tendre et, par instants, plus mélancolique :

Marguerite des bois, Vous souvient-il encore, Marguerite des bois, Du soleil d'autrefois?

Et j'aime infiniment la Journée de Javotte, une « histoire » amusante, et je goûte aussi les sonnets gaillards à Raoul Ponchon.

Il me faut conclure. Voilà un bon livre de vers, parce qu'il réjouit le cœur et qu'il enchante l'esprit.

Aussi bien me permettra-t-on, une fois pour toutes, de louer Mcaire entre ses mul-

liples qualités, d'être surtout vaillant fils de France, dégoisant sans façon sa poésie gaie luronne et bourguignonne, gracieux échanson faisant oublier par le vin clairet qu'il verse en notre coupe, les bières épaisses des « pourune-fois-savez-vous », des rageurs wagnériens et des nébuleux Goddam, d'être, pour tout dire, un des poètes les plus originaux et les plus sains de notre époque.

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