‹ Un portrait russeChapitre 100 sur 143 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

notre âme a été trop radement ébranlée. Qui est fort si ce n'est celui auquel Dieu prête sa force, et quelle est la tentation à laquelle Thomme pourrait résister sans le secours de l'esprit du Seigneur.

Les projets les mieux concertés, les espérances les mieux fondées, même ceux qui n'ont pour but que l'utilité et le bien de nos semblables, échouent souvent contre de misérables et basses intrigues. Dieu permet quelquefois le triomphe des méchants pour châtier l'orgueil et montrer à la sagesse humaine la vanité de son pouvoir et l'impuissance de sa volonté.

Adieu est une bien belle parole. Elle nous vient d'un temps où l'homme rapportait tout son avenir à Dieu. Elle nous rappelle que ce n'est qu'à Dieu que nous devons remettre le soin de nous réunir; adieu vaut donc mieux qu' «au revoir», car le revoir dans cette vie ou dans lautre ne dépend que de la volonté de Dieu.

Prosti, pardon, — c'est l'adieu des Russes. Le peuple quand il veut être très-poli dit: «Nous vous demandons de nous pardonner.» C'est une belle maxime de conciliation chrétienne. On ne veut pas se quitter sans

avoir obtenu la rémission des fautes qu'on a pu commettre quand on était réunis.

C'est la vieillesse qui maintenant espère et la jeunesse qui craint. Le rose est devenu la couleur des vieillards , tandis que le noir enveloppe de ses voiles rimagination des jeunes gens. C'est le rebours de ce qui était jadis.

Les affections humaines quand elles sont vives et pures, préparent Tâme, mieux que toutes les sciences, à la connaissance du Beau , du Vrai et de l'Immuable.

SECONDE PABTIE.

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