‹ Un portrait russeChapitre 99 sur 143 · PREMIÈRE PARTIE. t8S · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. t8S

être reconnaissants. J'en connais qoi pour me persuader de leur accorder telle ou telle grftce impossible, s'appuyaient avec amertume sur celle que je leur avais déjà faite.

n faut de la grandeur pour pouvoir accepter sans humilité ni orgueil des obligations quelconques. Il faut avoir en soi la conscience que dans des circonstances données on serait capable de les imposer.

Encore une année d'écoulée, Dieu du temps et de l'éternité. Elle est retournée à sa source, sans profit pour moi, pauvre pécheresse? Qui le dira? Qui sait les progrès de l'esprit? Il souffle où il veut, et personne ne sait d'où il vient, ni où il va. Beaucoup de souffrances, mais aussi bien des miséricordes, mon Dieu et mon Sauveur!

Mon Dieu, quelques heures de contact avec le monde suffisent pour engendrer tant de mauvais sentiments. Seigneur, opposez-y ceux que vous inspirez. Faites que les propos médisants et méchants passent dans mon esprit sans laisser de traces dans mon cœur. Que mon âme reste calme au milieu de ces petits orages humains. Seigneur, remplissez mon cœur de ceux que j'ai perdus; montrez-moi la réunion avec eux et avec vous comme le but de mes épreuves ici-bas. Seigneur,

BAOBABrr-SriBAVSKi. S 5

détachez-moi de cette vie afin que j'aspire avec plus de ferveur à celle que vous me préparez.

Lentement, difficilement, mais enfin les difficultés s'aplanissent Seigneur, s'il est dans vos décrets d'aplanir encore ici bas le sentier de ma vie, faites que je n'oublie pas les ronces et les épines du chemin que j'ai parcouru. Conservez-moi un cœur contrit, et que l'humilité du malheur et de l'adversité ne cesse de l'épurer et de le préserver.

C'est quand les herbes aromatiques du steppe sont broyées par la roue qui les foule, qu'elles exhalent leurs plus suaves parfums. C'est quand une âme se trouve serrée de toutes parts par des épreuves poignantes, qu'elle élève vers le ciel son encens le plus doux.

Il n'y a que Dieu qui connaisse le point vulnérable du cœur humain. — Souvent des douleurs , des afflictions intolérables en apparence ne sont supportées avec courage, que parce que toutes cruelles et profondes qu'elles paraissent, elles ne sont pas parvenues à toucher ce point sensible; que de fois au contraire nous succombons à des peines qui semblent bien plus légères, rien que parce que cette corde cachée dans les replis de

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