LE MARIAGE BUSSE
Les mariages en Russie se célébraient autrefois avec (les cérémonies qui se rencontrent encore dans quelques provinces, comme dans les villages reculés du gouvernement de Tamboflf, petite ville d'une dizaine de mille âmes au sud de Moscou.
Les mariages se font chez eux d'une manière assez différente de celle des autres nations. Les jeunes gens n'ont pas l'habitude de voir ou d'entretenir des jeunes tilles qu'ils recherchent; ils peuvent les faire voir seulement et les demande en mariage par leur mère ou par quelque vieille femme de leur connaissance. Dès qu'il y a accord entre les deux pères ou entre ceux qui en tiennent lieu (car on estime illégitimes les unions formées sans le consentement des parents), ils délibèrent d'abord entre eux, quelle somme la fille doit porter à son époux. Cette somme est quelquefois très-grande, selon la fortune des parents, car il n'est pas dans les mœurs qu'un mari constitue un douaire en récompense de la dot. Ainsi on voit ce qu'ils appellent un homme du marche donner 1000 roubles et plus à sa fille.
Quand le mari meurt, s'il n'y a pas d'enfants issus
^ Russia sen Moscovia itemque Tartaria, Lngd. Batavorum, ex officinà EIzevirianà. Anno cloIacXXX. P. 77 à 78.
de ralliance, la veuve reçoit autant qu'elle a apporté, si le mari toutefois laisse autant dans ses biens. Si elle a eu des enfants de lui, elle prend le tiers des biens ou plus, suivant la volonté du mourant.
Dès qu'ils ont aiTêté le chiffre de la dot, ils dressent un contrat de mariage , dans lequel les parents ou les consanguins garantissent que la fille est intacte; de ce contrat ont coutume de naître d'innombrables discussions et procès, si dans la suite le mari conçoit le plus léger soupçon que sa femme n'ait pas toujours été honnête auparavant.
Ces choses finies, la fiancée envoie d'abord un présent à son futur, et le futur à la fiancée. Et cependant il ne leur est pas encore permis de se voir, ni de se parler. La veille des noces la fiancée est conduite par sa mère et d'autres matrones, en chariot, ou en traîneau si c'est en hiver, à la maison de l'époux, avec ses habits de mariée, et le lit conjugal élégamment paré, car c'est toujours la fiancée qui fournit le lit d'ordinaire beau, mais cher; les mêmes personnes, c'est-à-dire sa mère et d'autres femmes la gardent durant la nuit, en sorte que l'époux ne peut même la voir.
Dès que le jour nuptial a brillé, l'épouse ayant la coiflFe travaillée à l'aiguille soit un voile de lin, qui lui couvre la tête et la taille jusqu'aux reins, est conduite au temple par ses parents et ses amis, et l'époux l'est de même par les siens. Ils vont tous à cheval, encore que le temple soit très-proche et que leur fortune soit fort mince, étant gens de la dernière classe.
Les cérémonies et les paroles sacramentelles que le prêtre emploie , ne diffèrent presque en rien de l'usage