‹ Un portrait russeChapitre 131 sur 143 · LE MARIAGE · texte numérisé non relu

LE MARIAGE

des autres chrétiens. La foi jurée est confirmée par un anneau, dès que l'épouse a mis Tanneau donné, sa main est placée dans la main de Tépoux, qui tout le temps est resté d'un côté de l'autel, les femmes se tenant de Tautrc côté. Dès lors le lien étant consacré et parfait par la religion, l'épouse s avance, se met aux pieds de l'époux, et baisse la tête jusqu'à toucher ses souliers» en signe de sujétion et d'obéissance; et l'époux à son tour la couvre d'un pan de sa tunique, pour témoigner qu'il la prend sous sa protection et doit l'aimer. Alors les parents et les amis des deux côtés, à commencer par ceux de la femme, s'inclinent, saluent jusqu'à terre les mariés , se tenant ensemble et debout à lune des extrémités de la table, pour leur faire des félicitations, leur souhaiter une mutuelle complaisance et une amitié réciproque: le tout, en signe d'alliance et d'amitié éternelle entre les deux familles.

Enfin le père du marié offre un pain au prêtre qui le remet aussitôt au père de la mariée, l'adjurant par Dieu et les images de compter au jour fixé à l'époux la dot promise, et ensuite de garder une amitié inviolable à lui et à ses amis. Pour le père de l'épouse, il partage le pain et en donne un morceau à chacun des parents présents, afin que, dans la suite, ils ne fassent tous qu'un corps comme faisait le pain.

Ces cérémonies achevées, l'époux conduit par la main répousée sous le porche de l'église, et boit à sa santé une petite coupe pleine de liqueur (soit hydromel, soit vin russe); elle reçoit la coupe et la vide sous son capuchon relevé, à la santé de son mari, et en lu montrant son visage. Ils sont tous ensuite ramenés

chacun avec sesamis, vers la demeure de leurs parents, c'est-à-dire le marié chez son père, la mariée chez le sien, chacun d'eux traitant à part ses amis; sous l'entrée de leur maison, on jette sur eux des poignées de blé par les fenêtres, ils sont saupoudrés de farine, en présage de fécondité et d'abondance.

Sur le soir, l'épousée, voilée comme devant, est de nouveau conduite à la maison de l'époux ou de son beau-père; de là sa mère ainsi que les matrones, l'instruit à ne pas proférer une parole pendant la nuit, de peur que l'époux ne Tentendc ou ne la voie avant le lendemain. Pendant les trois jours suivants, consacrés au festin nuptial, l'épouse parle peu; elle dit à table quelques mots seulement à son mari , selon la formule, et encore avec le plus grand respect; se comporter autrement, passe chez eux pour très-indécent, et nuit à la réputation de la femme; mais le quatrième jour les nouveaux mariés se retirent chez eux et donnent un repas aux deux familles réunies et à tous leurs amis.

Pendant tout le temps des noces, c'est-à-dire le jour du mariage et dans les fêtes qui suivent, on appelle le fiancé moloday hiecz (jeune prince), et la fiancée wioloday Tinezay (jeune princesse). ^

^ Ibidem, p. 72, 73, 74, 7o.

Page 1