‹ Un portrait russeChapitre 41 sur 143 · CHAPITRE aUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE aUATRIÈME

SOMMAIBE.

Mme Bagréeff à Jérnsalem. — Scandales de la lemaine sainte. — Bivalité dee Grecs et dee Latins, et leurs rixes dans l'église du Saint-Sépulcre. — L^humanité, sinon la religion est intéressée dans ce point de la question d'Orient. — Mme BagréefT de nourean à Bouromka. — Elle quitte définitivement ce domaine (18^). — Interdiction prononcée contre son homme d'afbdres. — Difficultés qu'elle éprouve de la part de sa famille et de son pays. — Commencement de sa rie littéraire. — Ses œuvres.— Lêt Méditations chrétiennei, à Vienne (1853). — En Hongrie, lt$ Pèlerin* ru*iet à Jérutalenit la Nuit au Oolgatha et le Moine du mont Atkoê, la Couronne de Hongrie, Lettres sur A't>/7 (1854). — Un Ttar des Cosaques (18S5). — Les Exaltés^ leVieillard amoureux, les Tables tournantes, comédies écrites de 1855 à 1856 à Vienne de rechef. — Méditation sur les dernières heures de Fempereur Nicolas (1855). — L'opposition de la noblesse au txar actuel dans l'émancipation servile. — En Bussie le peuple aime le monarque et l'aristocratie lui porte envie. — Billet du prince OortschakofT.

M"® BagréeflF quitta bientôt la terre des Pharaons pour la Judée. Balancée dans sa litière (dachtaravane) portée par deux chameaux, l'un devant, l'autre derrière, elle traversa les sables monotones étendus entre le Caire et Gazah, semés d'euphorbes grisâtres, qui s'harmonisent avec la teinte triste du désert. Les chameaux vont de file l'un après l'autre, le silence règne dans la longue caravane jusqu'à la halte prochaine ... On marche ainsi des jours. Enfin apparaît la ville sainte. Jérusalem est le point où convergeaient toutes les aspirations de la pèlerine. Salut à Jérusalem! Cependant M"* BagréeflF fut scandalisée du spectacle qui l'attendait et son récit porte l'empreinte d'une profonde amertume. On sait

que l'église du Saint-Sépulcre, élevée par Constantinle- Grand, écoutant la piété de la princesse Hélène, sa mère, qui avait retrouvé la vraie croix, appartient aux Grecs, aux Latins et aux Arméniens, mais les véritables maîtres sont les Turcs. — Au temps de l'empereur qui fonda cette vaste basilique, la chrétienté ne formait qu'une Église . . . «Hélas ! que les temps sont changés depuis cette heureuse époque», s'écrie notre auteur. «Dans ce même temple, dans cette chapelle du Golgatha où s'est accompli le grand et terrible mystère de notre rédemption, plus d'une fois le sang a coulé. Et quel sang! Le sang des chrétiens, versé par des chrétiens pour de misérables questions de préséance 1 Et à quelle époque, grand Dieu ! Le jour anniversaire même du martyre de l'Homme-Dieu et de la commémoration de sa mort.

Quel sujet de moqueries et de mépris ne donnezyous pas à ces ennemis de notre foi, qui, le Coran à la main, sont obligés de vous garder les uns contre les autres.

Les mahométans qui occupent l'entrée de l'Église du Saint-Sépulcre y assurent l'harmonie entre les trois communautés qui peuvent se heurter pendant la semaine

de la passion et les fêtes de la résurrection Cette

année-là on en avait appelé à Achmet Pacha de Jérusalem pour maintenir l'ordre et la paix. U avait fait cerner et remplir l'église de huit cents soldats mahométans qui devaient fouiller tous les entrants, de quelque religion qu'ils fussent, et leur ôter leurs armes.

Je ne puis rendre l'impression que nous éprouvâmes en voyant le vendredi saint, cette milice rangée en haie,

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