CHAPITRE CmaUIÉME
SOMBCAIRE.
Suite des œavres de BIme Bagréeff . — La FHU du Starower. — La Vieille et »on corbeau (1855). — Xénia ou le» deux rhes, le» lie» de la Néica (1Sa6).
— Voyage de Mme Bagréeif à Paris (1656). — Sa correspondance et son amitié avec Mme Soldan. — Une Famille toungou»e (1856).— Le premier Romanoff (1886/57).— Irène (1857). — La Vie de château en Ukraine tile Li9rt d'un« femme. — L'émancipation prétendue de la femme est ane révolte de son cœur et de son orgueil, contre Tinfirmité de sa nature et contre le devoir. — Le salon et les samedis de Mme Bagréeif à Vienne.
— Sun amour de ses serriteurs, de la nature et des bétes. — Sa maladie.
— Son adhésion à l'hypothèse de Schubert sur le s^our de l'Ame dans le corps jnsqn' à ce qu*il soit dissous. — Analogie de cette hypothèse avec le purgatoire russe. — Sa crainte de Pembaumement. — Sa croyance illogique au système chatoyant de la métempsychose et aussi à l'efficacité de la prière pour les morts. — Béfutation de cette erreur dootrinale et son incompatibilité ou sa contradiction avec le dogme chrétien. — Sa mort (1857). — Appréciation générale de son caractère, de son esprit et de sa vie.
Tous ces opuscules de dates rapprochées, la Fille du Starower, la Vieille et son corbeau, réminiscences du jeune âge de M»« Bagréeff à Kieff (de 4855); — Xh^ia ou les deux rêves, les Iles de la Ncwa (1856), doivent échapper à une analyse, qui s'allongerait autant que ces récits ou ces descriptions.
Les lies de la Néwa sont décrites d'une manière pittoresque. Sous les dehors riants de la phrase se cachent souvent des réflexions de portée. Que d'or versé à pleines mains pour couvrir des fleurs du Midi et des tropiques ces marais et ces glacières du fleuve: et pourtant une inondation soudaine peut balayer en une heure cette riche parure coûtant desmillions, souvent
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prélevés sur des sujets qui ne mettront jamais le pied dans ces jardins du luxe, de la mode, de la fantaisie, par un de ces soirs clairs d'été dont le crépuscule se prolonge au travers de la nuit jusqu'à l'aurore. Saint- Pétersbourg avec ses magnificences est un triomphe de l'art sur la nature, de la volonté de l'homme luttant contre le sol et le climat. Dans l'origine, M™* Bagréeflf destinait cet ouvrage posthume à la gazette le Nord, qui, le refusa, car les Russes commençaient à se répandre en invectives contre le tzar Nicolas qui les avait fait trembler de son vivant, et ils ne voulaient pas même saluer son tombeau. Au printemps de 1856, M°*« Bagréeff fit un voyage à Paris. Elle y retrouva une compatriote distinguée, M°*® Swetchine, charitable, morte aussi et bien connue par ses lettres posthumes que M. de Falloux a publiées. Ces deux femmes d'une âme élevée, devaient surtout se comprendre et se ressembler par le côté religieux. La source de cette communauté d'aspirations est peut-être dans notre littérature religieuse dont la France se glorifie. M™® W. Soldan, leur amie à toutes deux, transcrivait dans une lettre à M"« Bagréeflf, chagrinée, persécutée, cette page ruisselante d'onction mystique et des douces larmes de la résignation: « Dans l'ancienne loi. Dieu éprouvait ses serviteurs les plus chéris, par de grandes afflictions, comme les saints patriarches Job et Tobie : mais il les relevait de l'opprobre et semblait les combler de biens, de prospérités à proportion des peines qu'ils avaient souflTertes. Il n'en est plus de même dans la nouvelle loi, où Jésus-Christ, notre législateur et notre divin modèle, a voulu expirer dans la douleur. Dieu en use maintenant tout de même à l'égard de ses serviteurs