APHORISMES ET PEN8ÉE8 DÉTACHÉES
Dieu aura-t-il égard à notre faiblesse, et sera-t-il plus indulgent pour nous que pour nos maîtres? Nous tiendra-t-il compte de la multitude de nos croix, de nos piqûres d'épingles, des petites vanités, des susceptibilités délicates qui tiennent à Tessence même de notre nature? Au besoin nous demandera-t-il la même force, le même courage, la même résolution qu'à lliomme? Hélas! Seigneur, nous sommes humbles dans notre faiblesse; nous reconnaissons nos vanités, nous pleurons nos susceptibilités, nous expions nos amours terrestres auxquelles nos âmes avides d'affections se livrent ici-bas; nous les expions par les amères douleurs des mécomptes et des déceptions! Soyez-nous miséricor- Oeax, Seigneur, soyez indulgent! Nous n'osons pas élever nos regards jusqu'à votre face. Prosternées devant TOUS, BOUS baisons vos pieds, nous les arrosons de larmes, nous les essuyons de nos cheveux, de ces diev eux que la nature a accordés à la femme pour voiler ses imperfections et véCir sa pudeur. Seîgiiear! park»
douleurs de notre maternité, par la brillante auréole sitôt évanouie de notre beauté et de notre jeunesse, par les décevantes espérances qui ont accompagné notre maturité, par la désolation et l'abandon si souvent le partage de notre vieillesse, prenez pitié de nous \
La nature de la femme est faible, vacillante et pleine de contradictions; facile à exalter, elle est aussi facile à abattre. Prompte à saisir le bien, elle est plus prompte encore à se laisser entraîner au mal. Pleine d'abnégation, elle est aussi pleine d'égoïsme; prête à tout sacrifier à ses affections, elle est prête à exiger des autres les mêmes sacrifices dans des cas pareils. Sans suite et sans persévérance, elle ne procède même à la perfection que par bonds irréguliers. Quel est donc le frein qui peut guider et réconcilier tant de contradictions? Les principes? sur quelle base les poser quand rien n'est stable? Quant à Famour même, ce grand et unique moteur du cœur féminin, il se trompe souvent et prend les feux follets de la vanité pour le phare placé par le ciel, afin de la guider à traversées mille écueils de la vie. Toute spontanée, toute composée d'extrêmes, passant de l'amour à la haine, de la tendresse à l'aversion, dévouant son existence et se disputant sur une puérilité, quel peut être l'appui de cette nature à laquelle sont dévolus de si grands et de si pénibles devoirs? La religion. — Elle seule est en état de sanctifier jusqu'aux défauts de ces êtres aimants, si humbles et en même temps si fiers, si patients et en même temps