PREMIÈRE PARTIE. Un
si agités; elle seule peut les retenir dans les justes bornes, les einpêclier de devenir tyrans ou esclaves. Pour elles son frein est plus indispensablequ'auxhommes. Ceux-là au besoin peuvent se créer de grandes qualités, comme la force d'âme, Thonneur et le courage. L'homme peut les déifier et s'en faire un semblant de bouclier. Semblant faux et précaire, sans doute, mais qui peut au moins, pendant la durée de cette courte existence, le soutenir au-dessus de l'abime, le garder du vertige qui menace à toute heure d'engloutir sa compagne. Pour elle point de salut s'il ne vient d'en haut, pas d'autre appui possible que celui de la croix.
Mon Dieu, l'esprit de la femme est faible et plein d'inquiétude. Rafifermissez le mien. Seigneur, et in-* spirez-moi. Daignez me donner votre paix, la paix de l'âme et la sûreté dans votre voie, car je m'inquiète à chaque pas, je crains de tomber, je crains de voir s'éteindre cette étincelle de votre lumière qui luit en moi, et je crains cette crainte même; mon Dieu, soyez mon appui et ma sécurité.'
«L'esprit est fort et fervent, mais la chair est faible et lâche.» Elle souffre, elle a pitié d'elle-même et des autres, elle chancelle, elle tombe et entraine l'esprit avec elle. Souvent elle tombe par les sentiments qui devraient l'épurer; dévouement, abnégation de sa
volonté, tendresse et confiance, tout est pierre d'achoppement pour une pauvre femme, livrée sans défense à ses imaginations, aux entraînements contraires de son cœur et de son devoir. Seigneur, retirez-nous de ce monde de tentations, avant que la dernière semence du bon grain ne soit étoufiëe par Tivraie. Betirez-nous; ou bien donnez-nous la force de combattre Tennui caché dans les replis de notre propre cœur.
Les expériences de lliistoire sont inutiles aux souverains et aux peuples. C'est une vérité malheureusement reconnue. Elle tient également bon pour les individus, et les Itemmes, plus encore que les hommes, s'émancipent des lois de l'exemple. Que voulez-vous en effet que leur nature mobile et spontanée fasse des enseignements d'autrui? La beauté bien portée est une couronne bien plus enivrante que celle de la royauté. Or, nous qui de nos jours avons vu tant de rois détrônés, avons-nous jamais aperçu un trône qui manquât de prétendants? Dites donc à cette jeune fille couronnée de la splendeur de sa jeunesse, des rayonnements de son empire, dites-lui que son règne est aussi éphémère que celui de la vieille femme ridée et à béquilles qui passe auprès d'elle. Le croira-t-elle? Eh bien ouil vous dira*t-elle, je serai vieille et laide un jour 1 mais d'abord je me conserverai longtemps, et jamais je ne serai hideuse comme celle-là; et puis que d'années entre mes vingt ans et les quatre-vingts de cette pauvre octogénaii'e. Non, Texpérience des autres est encore moins