PREMIÈRE PARTIE. SSI
fêté, toujours accueilli. L'âge mûr le voudrait sensé, rassis, content des miettes qu'on lui accorde, n'entravant aucune des graves occupations, et n'usant jamais des ailes qu'on lui laisse comme ornement pour s'élever plus haut que le toit domestique qui doit l'abriter. La vieillesse aussi se cramponne à lui. Elle voudrait de sa force pour suppléer à la faiblesse, elle voudrait de son sourire pour dorer ses rides, et du doux son de sa voix pour endormir les douleurs de ses infirmités. En vain! il leur échappe à tous, enlevant à la jeunesse ses illusions, à l'âge mûr sa confiance, à la vieillesse sa dernière consolation. Il leur échappe à tous, parce qu'aucun n'a connu la formule magique qui seule peut le retenir.
L'amour n'est pas un sentiment, c'est une force, une vertu.
L'amour terrestre n'est qu'une émanation de l'amour céleste. Pour le rendre invulnérable aux atteintes de la faiblesse humaine, il faut le replonger dans les eaux de sa source. Ce n'est qu'après ce baptême qu'il est durable et éternel.
Le cœur de la femme ne peut cesser d'aimer que quand il a cessé de battre. Ceux auxquels la iport enlève prématurément les objets de leur affection terrestre, savent rarement leur conserver un amour sans partage.
 leur souvenir se mêle ordinairement quelque réalité qui en altère la pureté; et la fidélité est une vertu qui se pratique plus rarement même qu'on ne le suppose.
L'amour est unique dans son essence comme dans son caractère. H n'y a que ses expressions qui sont multipliées et variées.
L'amour terrestre est passager parce qu'il est égoïste. Otez-lui son égoïsme et il devient inébranlable comme la foi.
L'homme, peut-il se dépouiller de son égoïsme ici bas? Sans doute, il n'a qu'à aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de tout son esprit. Le moi n'a plus de place dans un tel être rempli d'un tel amour. Aimer Dieu et son prochain comme soi-même, c'est remplir la loi et les prophètes, nous a dit notre législateur et notre prophète. Tout le christianisme est contenu dans ce précepte.
Une femme, pour être vraie, devrait rester dans les attributions de son sexe. Ce sont celles des devoirs de la famille. Leur étendue est assez vaste pour rem-