PREMIÈRE PARTIE
travaux de l'abnégation et de la pénitence! Ne devonsnous pas compter Thonneur d'être seulement souffertes dans cette maison, nous qui ne sommes pas dignes d'en approcher, souillées que nous sommes par les passions et les égarements de ce monde qui nous disputent encore à votre service? — Seigneur, ayez compassion de moi, n'écoutez pas les murmures de ma chair; car c'est la chair qui se plaint de ce que, manquant d'aliments extérieurs, l'esprit la dévore en se dévorant lui-même. Père éternel, mon père à moi, parlez-moi, enseignezmoi, remplissez le vide de mon cœur et remplacez par votre présence tout ce qu'il vous a plu de m'ôter.
17. Le soir, discussion trop animée. Que le calme' est encore loin, et que de passions terrestres encore dans le cœurl Seigneur, anéantissez tout ce qui n'est pas vous dans mon âme, que j'aime en vous et par vous, et que toutes les vanités de ce monde se taisent et que vous soyez seul écouté.
48. Cahne plat. Que c'est bon ce pain quotidien que me donne mon père. J'ai lu un traité de morale tellement beau et tellement consolant que c'est comme s'il avait pensé à moi en l'écrivant. Et puis le commentaire sur le mal , où il déduit que les vertus des pères expient les péchés des enfants. Seigneur! comptez les vertus de ce saint à son petit-fils; qu'elle^ effacent les
BAOBABTT-SriBAXtXX. ^^
erreurs de sa fougueuse jeunesse et que j'expie seule les fautes de ma vie et de ma race.
D'être arraché de ses occupations ordinaires par la visite et le bavardage de personnes nulles ou ennuyeuses, est un des plus grands tourments de la vie du monde. Et pourtant il faudrait s'y résigner avec plus de bonne grâce qu'on ne le fait en général, n faudrait que l'exercice de patience et d'abnégation, que les tribulations nécessitent, suffît de reste pour racheter leur ennui. Si l'amour du prochain se mêlait, comme il devrait le faire, à toutes les actions de notre existence, ces visites importunes cesseraient de nous donner de l'humeur et nous profiteraient davantage.
Une journée de distractions et de cartes. Mieux vaut jouer que de médire. Mon Dieu, sanctifiez même les moyens frivoles, qui empêchent des fautes graves.
Demandons à Dieu de sanctifier jusqu'aux croix que les bienséances nous imposent. Demandons-lui de les accepter comme si elles étaient volontaires et rendonsles telles en accomplissant de bonne grâce toutes ces