PREMIÈRE PARTIE
On croit, on aime , on vit.
On doute, on nie, on meurt.
Le bonheur de nos plus chers amis est rarement sans une pointe qui nous blesse.
Les jours et les mois passent sans égard aux passions et aux inquiétudes humaines. Impassible comme la justice du Dieu, le temps traverse le siècle. Et quel est rêtre créé qui puisse arrêter son cours !
Quels tristes jours que ceux qui nous ramènent au passé , qui font revivre malgré nous tous les souvenirs de notre existence, qui nous présentent dans leur magique miroir les faits, non pas tels qu'ils étaient réellement, non pas avec Faloi du mal qui s'attache à tous, les biens du monde, mais entourés du prestige que l'imaginatin prête à tout ce qui a été et n'est plus. Tristes, tristes époques, que ces anniversaires de bonheurs évanouis, d'affections détruites, de saintes amours recouvertes par la tombe.
* * Le sang impose des liens; l'adoption les choisit.
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880 LE LIVRE D'AnE FEMME.
Les femmes de la race slave en général sont douées d'un véritable instinct d'élégance et de distinction. Cet instinct qui chez quelques-unes de nos sœurs dégénère en aâéterie et en mignardise, se conserve pur et vrai chez la plupart de mes compatriotes. Indolentes et fières, mélancoliques et tendres malgré la pointe d'ironie qui donne du trait à leur esprit, la dignité et la réserve naturelles à leur caractère les préserve d'ordinaire de coquetteries banales et trop évidentes qui déparent souvent les charmes de leurs voisines. Si elles sont souvent despotes et arbitraires dans l'empire qu'elles exercent sur les hommes, elles sont rarement flatteuses et intrigantes. Caressantes et enjouées entre elles, elles savent se tenir sur la réserve avec leurs adorateurs, et mesurent avec une grande exactitude Tintimité qu'elles accordent sur le degré d'affection qu'on leur témoigne. Je suis loin d'absoudre ces frêles et gracieuses créatures des défauts de vanité et de coquetterie inhérents à leur sexe. Au contraire, qu'elles en aient plus même que leur part naturelle; je dois même avouer peut-être à ma honte, que pourvu que ces péchés mignons soient subordonnés aux bonnes mœurs et à des principes bien arrêtés, je les trouve un attrait plutôt qu'un traversée maintiens seulement que pende mes charmantes compatriotes dépassent dans leur désir de plaire et d'être admirées les limites que leur imposent la décence et le bon goût. Quand l'affectation s'empare d'elles, ce qui n'arrive malheureusement que trop souvent, elles prennent ordinairement un caractère sérieux et languissant; ou elles veulent paraître blasées sur toutes choses ou indifférentes à toute émotion, ou elles se