PREMIÈRE PARTIE
mettent à jouer le rôle insupportable de victimes de la tyrannie des hommes, et d'infortunées sacrifiées à leur despotisme. Ces prétentions leur vont particulièrement mal ; car certes dans aucune partie du monde les femmes ne jouissent d'autant de droits et de privilèges qu'en Russie. Egales en tout point aux hommes devant la loi, leur étant, généralement parlant, supérieures en esprit et en culture, ce bon sens dont Dieu les a douées, la souplesse de leur carractère et les charmes attrayants de leur extérieure et de leurs manières, leur assurent une influence qui est presque suprême et n'est surpassée nulle part. Le mot éPuxoriaus que les Anglais emploient quelquefois, pourrait servir de devise à la plupart des époux de la Russie.
Ce n'est pas un fol amour qui doit guider le choix dans le mariage ; mais bien une conformité de goûts, une affection sérieuse et basée sur Festime.' La femme doit craindre pour savoir obéir.
L'état du mariage est le seul qui convienne à une femme dans notre société. Seigneur, envoyez-lui un guide et un protecteur qui saura affermir le germe de ses vertus et étouffer celui de ses vices. Mon Dieu, par les souffirances de votre fidèle serviteur, par ses longs travaux dans votre service, par la pureté inaltérable de sa vie, par sa confiance en vous, qu'aucune vicissitude,
qu'aucun malheur n'a jamais su ébranler, prenez sa dernière descendante en pitié et en miséricorde. Je ne vous implore pas pour moi; que le reste de mes jours se passe dans les douleurs et les infirmités, mais daignez décider de son sort. Seigneur, je le remets entre vos mains.
Seigneur, mon Dieu, s'il plaît à votre clémence, ne m'enlevez pas aux douleurs de cette vie avant que je n'aie la possibilité de pourvoir au sort des êtres qui me sont chers. Aidez-moi à supporter mon fardeau, vous qui avez pris nos maux sur vous , qui vous êtes chargé de nos infirmités. La vie est pesante; et cependant si vile que je sois, si imperceptible dans la grandeur de vos œuvres, je suis pourtant la providence d'autres atomes dont, sans moi, l'existence serait malheureuse. Mon Dieu, conservez-moi pour eux et inspirez-moi dans mes affaires temporelles le parti le plus généreux et le plus sage.
Mon Dieu, fortifiez-moi contre les impatiences de ma nature. Depuis de longues années l'incertitude parait être la tribulation que vous m'infligez de préférence, sans doute pour corriger l'impatience, ce défaut proéminent de mon caractère. Et ce défaut existe toujours. Quelques misérables intérêts de fortune et de position m'impatientent et m'importunent plus que le grand intérêt de mon salut et de votre faveur. Seigneur,