‹ Un Précurseur du Collectivisme: Simon GrangerChapitre 15 sur 34 · LE TABLEAU DE LA SOCIÉTÉ: FUTURE · texte numérisé non relu

LE TABLEAU DE LA SOCIÉTÉ: FUTURE

Il ne reste à Granger qu’à dresser le tableau de l’organisation de la société formée par le jeu des principes qu’il vient d’indiquer.

Ce tableau n’apparaît pas comme celui qu’aurait brossé un jour quelque artiste généreux, emporté par un rêve de justice et de beauté, mais comme une toile qui reproduirait le sous-bois où le peintre s’est installé, en permettant seulement, par quelques touches, d'imaginer, remplie de clarté et de ciel bleu, l’orée de la forêt. L’œuvre ne pourrait être signée Fourier ou Cabet. Elle n’est qu’un aboutissement, selon la manière qui devait être celle de Marx et de ses disciples orthodoxes. Mais, tandis que Marx prétend seulement observer et suivre les données sociales, tel un observateur qui attacherait ses yeux au ruisseau jusqu’à sa chute dans l’égout, Granger, lui, prétend remplacer des principes de vie malsains, ou plus exactement les tuer, pour que ne s’exercent plus que les instincts bons mis en nous par la nature. Sa morale est une aspiration vers la simplicité et sa philosophie un effort, initialement

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tout au moins. Car si l’homme bien portant peut se laisser vivre, le malade doit, avant de se laisser porter par la vie, commencer par faire retour à la santé. Il est d’ailleurs curieux de remarquer, tant les doctrines fatalistes satisfont mal l’esprit humain, comme le matérialisme historique a évolué à la fin du XIX° siècle, finissant lui-même par devenir, notamment avec Labriola, une philosophie de l’effort en quelque sorte puisqu'il montre l'individu en lutte incessante contre l’étreinte des conditions matérielles de la vie, c’est-à-dire contre l’influence du milieu.

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