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CHAPITRE VIII

agrémenté de commenl aires qui pourraient donner lieu à une édition fort piquante '.

Dans un passage à effet, où l'auteur, après avoir accumulé les noms de Bossuet, de Fénelon, de Bourdaloue, ajoute que ces noms seuls embarrassent beaucoup certaines gens, une sorte de défi est jeté aux incrédules de diverses nuances. La page où le commentateur relève le gant est très caractéristique et très nette.

« Je déclare que Bossuet, qui foudroie, et Bourdaloue, force et victoire, ne raisonnent pas, à mon avis, d'une manière embarrassante. Si, de plus, M. de Chateaubriand veut, en s'appuyant sur Bossuet, sur Bourdaloue, et même sur Leibnitz (et en appelant à lui M. Fr.... et M. de Bo.... 2), soutenir une discussion, non de mots, mais de choses, je serai seul, je tâcherai de lui prouver que Yobstination ne sera pas mon dernier refuge, et je l'inviterai à employer toutes ses armes. J'y mets une condition, pour que ceci ne se réduise pas à. une verbeuse dispute d'érudition, et qu'on ne se perde pas dans des détails de controverse, comme dans ces anciennes conférences après lesquelles on a pu, des deux côtés, prétendre également avoir conservé l'avantage. La discussion dont je parle aurait lieu par écrit; on l'imprimerait ensuite, et on l'enverrait dans toutes les villes et dans tous les bourgs des diverses communions chrétiennes. Celui qui a fait une proposition semblable, il y a sept ou huit ans, désire sincèrement être convaincu, et s'attache peu, comme l'on sait, à d'autres succès. Dès qu'il sera convaincu, sa conversion le fera voir. »

1 Voir à l'appendice quelques détails sur cet exemplaire du Petit Carême.

* Frayssinous et de Bonald.

1"20 SE.NANCOUR.

Chateaubriand, cela va de soi, n'accepta point le défi. Notons même que, par une coïncidence fâcheuse, l'auteur critiqué étant ministre d'État lorsque parurent les Observations, défense fut faite aux journaux de les annoncer. Si le ministre d'État Ta su, il aurait été chevaleresque de sa part de faire lever l'interdiction. J'aime à croire qu'au moins il ne l'a pas ordonnée. Jamais, dit Sainte-Beuve, Chateaubriand n'a prononcé ni écrit le nom de Senancour. Celui-ci expliquait plaisamment cette antipathie par la réflexion suivante : « Cela lient à ce que j'aime les montagnes autant qu'il les déteste. » La discussion aurait été curieuse à suivre, et le champion du catholicisme aurait pu en sortir quelque peu meurtri, si l'on en juge par le ton serré, pressant des Obsew allons.

Parmi tant de remarques, il faut faire un choix et se tenir à l'essentiel. Résumons la note suivante, trop longue pour être donnée dans toute son étendue.

L'auteur y examine cette série de questions : Peut-on donner officiellement une religion au peuple? Cela est-il nécessaire? Pareille tentative doit-elle être faite, étant donné l'état des esprits en Occident (janvier 1811-1816J ? Enfin, l'expérience de l'Incrédulité a-t-elle été réellement faite sous la Révolution?

Sur le premier point, la réponse ne comporte aucune ambiguïté : « Si, dans un État, la classe supérieure ne croit pas, comment la classe inférieure croira-t-elle? » Chez un peuple où la vanité joue un grand rôle, il y aura forcément ce qu'on pourrait appeler une cascade d'incrédulité. La ville ne voudra pas être croyante» puisque la cour ne l'est point; les campagnards imiteront la ville, et l'on en arrivera à celte fiction ridicule et dangereuse d'une religion sans foi. Ce sera une dissimulation universelle, et qui, par ce caractère même

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